Violence à l’hôpital : La prévenir, pour la guérir

Quelles actions de prévention mettre en place pour réduire le risque de violences dans un établissement de santé ? Face à l’augmentation de ces faits inquiétants, Margaux Dima, juriste et experte en Prévention des Risques à la MACSF tente de nous apporter des éléments de réponse.  

L’un des plus grands maux de l’hôpital public est certainement sa violence. Stress, attente, alcool ou encore drogue… Les prétextes des patients pour hausser le ton ou laisser parler leurs mains sont nombreux. Face à cela, quelles actions de prévention les soignants peuvent-ils mettre en place ?
 
Dans la grande majorité des cas, ce sont en effet eux qui sont en première ligne pour désamorcer les trop nombreuses crises. Rien qu’en 2019, l’Observatoire national des violences en milieu de santé a recensé 23 360 faits dans les seuls 426 établissements interrogés. La psychiatrie (18 %), les Urgences (16 %) et la gériatrie (11 %) seraient d’ailleurs le terrain privilégié des atteintes aux biens, des violences physiques ou encore des insultes.
 
Pour limiter ce type de situations souvent mal vécues par les professionnels de santé, Margaux Dima, juriste et experte en prévention des risques à la MACSF, recommande d’instaurer un plan de prévention à l’échelle de l’établissement. « Si on parvient à éviter la situation agressive, on évite la violence qui va avec », résume-t-elle.  
 
L’un des premiers leviers à actionner est bien sûr de prévoir une procédure interne. « Vers quelle personne se tourner ? Que faire ? », énumère-t-elle. Une to-do-list qui peut être accompagnée de la formation des professionnels de santé. Gestion de l’agressivité, communication non-violente, auto-défense… Les ateliers de formation courte pouvant aider à gérer ce type de situations sont pléthore. « Je recommande de commencer par la première. Elle permet d’apprendre à détecter les signes précurseurs afin d’identifier une personne qui peut potentiellement devenir agressive », détaille l’experte.
 
S’il est toujours préférable d’éviter la violence, elle nous heurte parfois de plein fouet. Dans ce cas, la communication non-violente ou encore l’auto-défense peuvent être des outils pertinents. L’idée ? Apprendre les mots et la gestuelle à éviter face à une personne agressive ou encore savoir comment se défendre sans la blesser… « Cet atelier permet d’apprendre à neutraliser une personne agressive sans lui infliger de blessure corporelle. Si le soignant se défend uniquement, il ne pourra pas être condamné », rappelle la juriste.
 
Et si les soignants peuvent se former, les patients, eux, peuvent aussi être informés. « Les durées [d’attente] longues génèrent de l’impatience, de l’inquiétude, du stress par rapport à un état de santé que certains jugent précaire. Malheureusement, le besoin d’être rassuré peut se manifester maladroitement et violemment », synthétise Margaux Dima, dans un article publié sur le site de son entreprise. Les annonces par voie d’affichage des temps d’attente, l’installation de télévision dans les salles d’attente, la réalisation d’un film pédagogique expliquant le process de prise en charge sont autant d’outils qui peuvent favoriser la paix des services. « Pour les périodes à forte affluence, la mobilisation de personnes ressources identifiées permet de renseigner les accompagnants en temps réel », ajoute la spécialiste dans son article.
 
Autant d’outils à adapter en fonction des besoins de l’établissement qui, à défaut de pouvoir éliminer définitivement la violence de l’hôpital, peuvent permettre de la limiter !  

Portrait de Julia Neuville

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