Transe formation

Critique de "Un monde plus grand", de Fabienne Berthaud (sortie le 30 octobre 2019)

L'histoire vraie de Corine Sombrun, qui découvre, en plein deuil de son compagnon décédé, qu'elle possède des dons chamaniques. Un film simple et apaisé, auquel son interprète principale apporte beaucoup...

Corine est ingénieur du son. N'arrivant pas à se remettre de la perte de Paul, son compagnon, elle accepte de réaliser des prises de son pour un documentaire sur la spiritualité à travers le monde. Elle se retrouve dans une tribu d'éleveurs de rennes en Mongolie, pensant que son exil pourra enfin être intérieur. Mais c'est tout le contraire qui va se produire: au contact d'une chamane, elle va découvrir son monde, le lieu où son esprit est en connexion avec la nature, et même l'au-delà. C'est le parcours de cette femme qui va passer d'une quête individuelle et hautement respectable, celle de rentrer en contact avec l'esprit de son amour perdu, à une posture beaucoup plus universelle, souhaitant faire de son expérience personnelle de transe chamanique un objet d'études et de recherche scientifiques, voire thérapeutiques...

La principale qualité du film de Fabienne Berthaud réside dans le fait qu'à aucun moment n'est remis en question, chez la réalisatrice mais aussi chez le spectateur, ce qui est offert à voir: cette culture, ces rites, cette spiritualité, les croyances qui les sous-tendent ou qui en découlent, sont une évidence simple qu'il ne s'agit pas de discuter. Il y a dans la façon de filmer la transe autant que la plénitude une horizontalité entre ces femmes et nous, une façon de regarder le monde comme un tout, dénué d'artifices et d'esbroufe. Ce qui y est montré ne nous est jamais étranger, alors que si lointain.

Cécile de France contribue énormément à la qualité du film. Elle est une interprète au sens noble du terme, dans le sens où elle respecte le parcours et la personnalité de Corine Sombrun tout en apportant énormément d'elle-même au personnage. Sa façon de laisser percer une humanité, voire une légèreté, au plus profond d'une dépression dont elle retranscrit si bien la dimension douloureuse, la simplicité qu'elle établit dans les rapports avec tous ses partenaires de jeu, permettent au film de ne jamais sombrer dans le côté documentaire vers lequel il lorgne parfois. Nous sommes avec elle sur ce chemin qu'elle n'a pas choisi mais qu'elle finit par faire totalement sien. 

 

Portrait de Guillaume de la Chapelle

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