Surchargés et stressés : les junior doctors sont (aussi) sous pression

Je suis NHS

Un documentaire récemment diffusé en Grande-Bretagne montre le quotidien difficile des jeunes médecins du NHS. On y découvre des praticiens au bout du rouleau dès le début de leur carrière… Bref, des semblables.

Ils roulent à gauche. Ils jouent au cricket. Leur système de santé est presque exclusivement public. A priori, rien ne ressemble moins à la France que le Royaume-Uni. Sauf… sauf pour les jeunes médecins. C’est du moins ce que l’on peut penser en regardant Confessions of a junior doctor, un documentaire en quatre épisodes dont le dernier a été diffusé la semaine dernière sur la chaîne publique Channel 4.

On y suit de jeunes médecins, aux statuts à peu près équivalents à ceux d’internes ou de chefs de clinique. Tous exercent à l’hôpital de Northampton (Angleterre), à une centaine de kilomètres au nord de Londres. Mais on pourrait parfois se croire à Pau, Saint-Nazaire, Troyes, ou dans n’importe quelle autre ville moyenne bien franchouillarde.

Quand la baignoire déborde

« Ce dont les patients ont besoin, c’est de notre temps », explique Sam, l’un des protagonistes du premier épisode. « Mais je ne peux tout simplement pas prendre vingt minutes pour discuter avec l’un d’entre eux, parce que j’ai cinquante autres patients à voir avant le déjeuner. » Et le jeune médecin poursuit en regrettant qu’il ne lui soit pas possible « de fournir le niveau de soin pour lequel il a été formé ». Que celui auquel ces mots n’évoquent rien lève la main.

Autre exemple qui semblera familier aux jeunes médecins français : dans le deuxième épisode, Morgan évoque l’engorgement des urgences. « C’est comme une baignoire », raconte-t-elle. « Tous ces patients n’arrêtent pas d’entrer, et personne ne sort. Ça va se remplir, et déborder. » Voilà qui ressemble furieusement à notre fameux problème des lits d’aval…

Sont également évoqués, face cette caméra qui arpente les couloirs de l’hôpital dans tous les sens, le stress des premières fois, l’envie de raccrocher, les affres de l’annonce d’un diagnostic difficile, les horaires à rallonge, les erreurs que l’on doit à la fatigue… Bref, rien de bien exotique pour un médecin exerçant sous le signe du camembert et du vin rouge.

Intimité derrière le rideau

Reste quand même, pour le téléspectateur français, quelques sujets d’étonnement. Le premier, ce sont ces rideaux de toile, sensés isoler les patients les uns des autres dans de vastes salles collectives… La chambre individuelle n’est visiblement pas la norme de l’autre côté de la Manche.

Et le second, c’est ce refrain, entendu dès qu’un médecin salue un patient. « Bonjour, je suis l’un des médecins ». Un praticien mangeur de grenouilles se serait immanquablement présenté comme LE médecin. Une autre culture...

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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