Sécurité et qualité des soins : Les patients aussi ont voix au chapitre

Optimiser la qualité des soins, cela passe par les retours d’expériences des professionnels de santé… mais aussi des patients. Une dernière voix que la Haute Autorité de Santé souhaite encore mieux écouter.

Et si le patient avait son mot à dire pour améliorer la qualité des soins ? C’est en tout cas l’avis de la Haute Autorité de Santé. Depuis quelques années, l’organisation de santé s’échine à implémenter le retour d’expérience des patients à l’évaluation de la qualité et de la sécurité des soins. Un travail longtemps mené avec le seul appui des professionnels.

C’est en 2016 que la Haute Autorité de Santé a décidé de lancer son programme. « e-Satis est le premier dispositif national de mesure en continu de la satisfaction et de l’expérience des patients », précise la HAS dans la page dédiée. Une analyse qui se base sur trois piliers. « Les PROMs (Patients-Reported Outcome Measures) qui mesurent la qualité des résultats de soins perçus par le patient ; les PREMs (Patient-Reported Experience Measures) qui évaluent la qualité de l’expérience des soins vécus par les patients (par exemple, la prise en charge de la douleur, la communication autour des soins...) ; la mesure de la satisfaction des patients, qui vient compléter les PROMs ou les PREMs », énumère la Haute Autorité de Santé dans son communiqué de presse.

Un travail d’ampleur que la Haute Autorité de Santé souhaite étoffer. « La HAS veut aller plus loin, et met en œuvre un programme pluriannuel d’actions pour promouvoir les indicateurs de qualité perçue par les patients. Plusieurs projets sont ainsi prévus », écrit l’institution dans une communiqué de presse. Au programme ?

  • Un état des lieux de la littérature internationale

Afin d’élargir son angle de vue, la Haute Autorité de Santé a réalisé « un panorama des expériences étrangères » sur la thématique des indicateurs de qualité perçue par les patients. « De type PROMs et PREMs », précise la HAS. En tout, les pratiques de treize pays ont été analysées. « [Cela] confirme que la mesure de la qualité des soins perçue par les patients a fait ses preuves dans différents pays dans différentes utilisations et en particulier pour améliorer la pratique clinique courante », assure Laetitia May-Michelangeli, chef du service EvOQSS (Évaluation et Outils pour la Qualité et la Sécurité des Soins) à la HAS.

  • Un appel à projet autour des PROMs

Le 1er juin dernier, la HAS inaugurait un appel à projet inédit. Baptisé « Mise en œuvre d’indicateurs de résultat rapportés par les patients en ville ou en établissement de santé », il a pour objectif « de recueillir le retour d’expérience des professionnels », explique Laetitia May-Michelangeli. « Le livrable attendu est un rapport de synthèse sur les projets réalisés et les enseignements proposés pour envisager un déploiement national de PROMs  », précise la HAS. Toutes les structures de soin qui utilisent des PROMs peuvent donc être candidates. Pour autant, seuls trois projets bénéficieront du jackpot - soit un budget global de 90 000 euros.

  • Une enquête nationale sur les PROMs

« Une enquête nationale va recenser les initiatives locales ou régionales sur PROMs », poursuit la HAS. Lancée à la rentrée, les résultats devraient être connus à la fin de l’année. Son objectif revendiqué ? Mettre au point un « état des lieux » des actions menées et « identifier les organisations, les indicateurs, les pathologies et les patients concernés ». « Grâce à cette enquête nous pourrons identifier les initiatives qui fonctionnent bien au niveau local ou régional et qui pourraient être susceptibles d’être déployées au niveau national », précise Laetitia May-Michelangeli.

  • La labellisation d’indicateurs

Autre projet intéressant la labellisation d'indicateurs de qualité et de sécurité des soins. « Pour cela, nous allons tester le dispositif qui permet aujourd’hui de labelliser les recommandations de bonne pratique qui sont proposées à la HAS par des sociétés savantes », indique la cheffe de service. Un travail de fond qui devrait permettre d’avoir à terme des indicateurs fiables capables d’aider les professionnels de santé à garantir la qualité des soins proposés.

Un grand chantier donc qui permettra d’harmoniser les attentes des professionnels de santé à celles de leurs patients !

Portrait de Julia Neuville

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