Pierre Sébastien, médecin de l’équipe de France de Handball

Parce qu'il n'y a pas que le foot dans la vie

À l’heure où l’équipe de foot française est partout, la rédaction a décidé de prendre le contre-pied de cette tendance estivale… et de partir à la rencontre du médecin de l’équipe française de hand : Pierre Sébastien. 
 

What’s up Doc. Comment devient-on médecin de l’équipe de France de handball ?

Pierre Sébastien. Ceux qui arrivent dans la médecine du sport sont souvent d’anciens sportifs qui ont fait de brillantes études (rires). Blague à part, c’est souvent la passion pour une discipline qui trace le chemin vers cette spécialité. J’ai toujours aimé le sport, j’ai pratiqué très longtemps le rugby. 

WUD. Du rugby ? Mais alors comment en êtes-vous venu au handball ?

PS. Mes enfants font du handball. C’est d’ailleurs comme ça que tout a commencé. Tu sais comment ça se passe. Tu vas les voir jouer, ils se font mal, tu descends les soigner, quelqu’un vient te voir, te dit que le club cherche un médecin, et hop ! Te voilà propulsé médecin officiel d‘un petit club local. Quatre ans plus tard, au fil des rencontres et de temps passé au bord des terrains, j’ai fini par atterrir dans l’équipe de France de handball.

WUD. Un sacré coup de chance, quoi !

PS. Tu sais, chez nous on dit que la chance tape au carreau mais n’ouvre pas la fenêtre. C’est surtout une question d’investissement personnel, de ce que tu es prêt à mettre dans un domaine qui te passionne, qui te plaît. Cela dit, dans le sport, en dehors des clubs professionnels, c’est souvent du bénévolat. J’ai donc gardé une activité en cabinet. Mais pour le moment, je passe 70 % de mon temps à soigner des sportifs.

WUD. Et qu’est ce qui vous plaît dans ce métier ?

PS. La relation que l’on a avec nos patients. Je suis un ancien sportif, et le contact est plus facile avec eux, c’est donc plus simple pour les aborder. Quand je soigne les sportifs, je ne vois pas le temps passer.

WUD. Et comment gère-t-on la pression des médias ?

PS. La plus grande pression se fait au niveau du secret professionnel. Quand l’un des joueurs chute et se blesse, c’est sous le regard de milliers de personnes ! Tout se fait dans l’urgence, on pose notre diagnostic dans les dix secondes qui suivent la chute. Il doit être le plus fiable possible. Quand on débute, on accuse plus le coup sous cette pression, mais l’expérience permet de s’en détacher, et on profite d’autant plus ! Et puis, nous sommes juste là pour faire notre travail, toute la relation presse est gérée en amont, heureusement !

WUD. Pour terminer, quel est votre souvenir le plus marquant ?

PS. Aux JO de Pékin, un de nos joueurs, Jérôme Fernandez, s’est fracturé un métacarpien en début de compétition. Évidemment, il ne pouvait plus jouer. On aurait pu le rapatrier, mais au lieu de le sortir de l’équipe, on l’a gardé. On était assis à côté sur le banc, à regarder les matchs passer, à regarder l’équipe les gagner. C’était un très fort moment soignant-soigné, parce qu’on a assisté, du même point de vue, à la première médaille d’or olympique du handball. C’était vraiment chouette. 

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Propos recueillis par Johana Hallmann

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