Numérique : le gouvernement dévoile sa stratégie pour booster la croissance des entreprises

Le gouvernement a annoncé le 18 septembre sa stratégie pour soutenir la croissance des entreprises du numérique. Pour y parvenir, il a décidé de « s’attaquer aux freins qui entravent la croissance des start-ups françaises ».

Le gouvernement a annoncé le 18 septembre sa stratégie pour soutenir la croissance des entreprises du numérique, dont la Biotech et la Medtech tirent leur épingle du jeu.
 
Le constat est le suivant. D’un côté, l’ascension rapide de la « French Tech » a fait de la France l’un des principaux écosystèmes technologiques au monde. Signes de cette forte accélération : les montants levés par les start-ups ont été multipliés par quatre en cinq ans pour atteindre 3,6 milliards d’euros en 2018 (ce chiffre devrait être dépassé en 2019) ; 13 levées de fonds supérieures à 50 millions d’euros ont été réalisées au premier semestre 2019, contre douze sur l’ensemble de l’année 2018 et six en 2017 ; la France a vu naître 9 licornes * dont 4 rien qu’au premier semestre 2019.
 
D’un autre côté, si l’écosystème français vient de dépasser celui de l’Allemagne, il reste encore « significativement derrière celui du Royaume-Uni, estime le gouvernement. L’Europe dans son ensemble souffre d’un retard par rapport aux écosystèmes américain et chinois. Si elle compte pour près d’un quart du produit intérieur brut mondial, l’Union européenne ne représente que 10 % des indicateurs de technologie émergente. »

25 licornes d’ici 2025

Pour faire émerger des leaders technologiques de rang mondial, le gouvernement s'est donc fixé comme objectif de dépasser le nombre de 25 licornes d’ici 2025, mais également de faire émerger plusieurs entreprises valorisées plus de 5 à 10 milliards. Pour y parvenir, il a décidé de « s’attaquer aux freins qui entravent la croissance des start-ups françaises ». Pour lever ces freins qui porteraient « principalement sur le financement, l’environnement réglementaire et administratif, ainsi que le recrutement », sa stratégie est la suivante.

Premièrement, développer les investissements français et internationaux pour assurer le financement des derniers stades de développement (grosses levées de fonds et introduction en bourse). 5 milliards d’euros seront alloués par les principaux investisseurs institutionnels français au financement des entreprises innovantes sur les trois prochaines années : 2 milliards d’euros dans des fonds de capital-risque spécialisés sur le segment du « late stage » et 3 milliards d’euros pour des fonds gérés par des gestionnaires d’actifs spécialisés sur l’investissement dans les valeurs technologiques cotées. 

Un environnement règlementaire et administratif propice

Deuxièmement, renforcer le soutien de l’État envers les start-ups, afin de créer un environnement règlementaire et administratif propice à leur croissance. En octobre 2017, le gouvernement a engagé une consultation des entrepreneurs de la « French Tech » (« Tour des start-ups ») destinée à identifier les difficultés auxquelles ils font face aux différentes étapes de développement de leurs entreprises. À l’issue de cette consultation, plus de cent mesures ont été annoncées visant à transformer l’environnement règlementaire et législatif en faveur des start-ups.
 
Au 1er septembre 2019, la moitié des cent mesures annoncées a été appliquée et la promulgation de la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises permet d’en mettre en œuvre de nouvelles avec ses textes d’application. En complément, le gouvernement lance aujourd’hui un programme d’accompagnement public sur mesure pour les futurs champions de la « French Tech » : le « French Tech 120 » (FT120).

Accroitre le vivier de talents disponibles

Troisièmement, accroitre le vivier de talents disponibles pour les start-ups, les aider à pourvoir à leurs besoins en matière de recrutement (on dénombre aujourd’hui près de 80 000 postes non pourvus dans le secteur du numérique), supprimer plusieurs barrières en attirant des talents plus divers.
 
S’agissant des talents étrangers, depuis le 1er mars 2019, le gouvernement a assoupli les conditions d’obtentions de visa pour les salariés souhaitant rejoindre des start-ups, en refondant le « French Tech Visa ». Désormais, toutes les start-ups françaises y sont éligibles.

Par ailleurs, le programme « French Tech Tremplin », lancé en juillet 2019 (15 millions d’euros) a pour objectif de permettre à des populations de tous les horizons socio‑économiques, mais jusqu’ici éloignées des écosystèmes de start-ups, de les intégrer. En proposant des formations, un système de mentorat et en mobilisant des financements, le programme vise à rééquilibrer les chances de chacun.

Enfin, des propositions visant à orienter davantage les personnes vers des formations initiales et continues au numérique seront proposées dans le cadre du « Pacte productif 2025».
 
* start-ups valorisées plus d’un milliard d’euros n’ayant pas encore effectué de sortie – revente ou introduction en bourse
 

Portrait de Julien Moschetti

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