Lutte contre l’antibiorésistance : la HAS précise le plan de bataille

Alors que l’antibiorésistance gagne du terrain, la HAS a décidé de riposter. Au programme ? Des to-do-list synthétiques encourageant la réduction des traitements au minimum pour les pathologies bactériennes courantes.

L’antibiorésistance est un problème de santé publique à la fois national et international. Alors que ce phénomène continue d’être responsable de la mort de 5 000 Français chaque année, la Haute Autorité de Santé a décidé de renforcer son arsenal de lutte contre ce phénomène. Sa nouvelle arme ? « Une série de fiches synthétiques préconisant le choix et les durées d’antibiothérapies les plus courtes possibles pour les infections bactériennes courantes de ville », écrit l’organisation de santé française dans un communiqué publié ce 27 août.

À l’heure actuelle, la consommation d’antibiotiques est encore trop souvent encouragée par des traitements que le HAS qualifie d’ « « innapropriés ». « Notamment du fait d’une antibiothérapie à spectre trop large ou d’une durée excessive », rappelle l’organisation de santé. Un tendance qui pourrait, d’ici 2050, permettre aux infections dues à des agents infectieux résistants de devenir une des premières causes de mortalités dans le monde. « En provoquant jusqu’à 10 millions de morts », alerte la HAS.

Pour éviter ce scénario catastrophe, l’organisation de santé précise donc la marche à suivre. « La réduction de la durée de traitement antibiotique au minimum nécessaire pour les pathologies bactériennes courantes de ville constitue une des stratégies pour restreindre l’exposition aux antibiotiques et lutter contre les résistances bactériennes », indique la HAS dans son communiqué.

En tout, ce n’est pas moins de 19 fiches mémos distinctes qui ont été rédigées et publiées sur le site de l'institution. Et la HAS d’énumérer les infections courantes concernées :

  • « Les infections urinaires chez la femme (notamment la cystite aigue simple, à risque de complication ou récidivante, de la femme) ;
  • les infections ORL chez l’adulte et l’enfant (telle que l’otite moyenne aiguë purulente de l’enfant fréquemment observée lors de la vie en collectivité) ;
  • les infections bactériennes cutanées, les infections à Helicobacter pylori chez l’adulte ;
  • les urétrites et cervicites non compliquées ; 
  • la diverticulite aiguë sigmoïdienne non compliquée »

Destinées en premier lieu aux professionnels de premier recours (médecin généraliste, pédiatre, gériatre), elles ont été relues par le Collège de la Médecine Générale et les sociétés savantes avant d’être publiées. « Celles-ci vont [leur] permettre d’avoir à disposition, sous une forme synthétique, l'information sur le choix de la molécule et les durées de traitement pour des infections bactériennes courantes au regard de l'évolution des résistances bactériennes », s’enthousiasme la HAS.

A lire aussi : Mesurer l’antibiorésistance grâce à une application mobile

Portrait de Julia Neuville

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