Le Dossier Médical Partagé va-t-il subir la concurrence du secteur privé ?

Une start-up ambitionne de créer une plateforme pour centraliser les données des patients

« Je souhaite déployer, dans un délai bref de deux ans, un DMP efficace », déclarait le 8 avril dernier le directeur général de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS), Nicolas Revel. Deux ans, cela peut paraître ambitieux pour relancer un chantier qui patauge depuis son lancement en 2005. Mais peut-être qu’un facteur inattendu va inciter la CNAMTS, qui a repris le dossier dans le cadre de la loi santé votée au mois dernier, à passer à la vitesse supérieure : la concurrence du privé.

Car l’informatisation du dossier patient n’intéresse pas que l’assurance maladie. En plus des géants de l’Internet qui proposent de collecter et de centraliser les données des malades grâce à leurs smartphones, des start-up se lancent sur le sujet. C’est par exemple le cas d'Honestica, une entreprise qui veut « faire entrer la médecine dans l’informatique moderne », comme l’explique à « What’s Up Doc » son PDG, Franck Le Ouay.

Concrètement, Honestica ambitionne de créer un dossier médical qui serait aussi un logiciel d’aide à la gestion du cabinet. L’idée est donc à la fois de fluidifier le parcours du patient en centralisant sur une plateforme commune les informations qui le concernent (prescriptions, résultats d’examens…), et d’automatiser certaines tâches qui prennent du temps au médecin (charges administratives, réconciliation comptable…). « Une gestion de cabinet 2.0 pour un usage ergonomique, simple et efficace », résume Franck Le Ouay.

Il s’agit d’un travail de longue haleine, et de solides appuis seront nécessaires. C’est sans doute la raison pour laquelle Honestica s’est offert les services d’un certain Philippe Douste-Blazy, membre du Conseil d’Administration.

L’entreprise voit loin : « On sait que ça va prendre du temps, on est préparés à cela », assure Franck Le Ouay. Honestica discute actuellement beaucoup avec les médecins afin de présenter une version bêta d’ici la fin de l’année. D’ailleurs, le PDG a un message pour les praticiens : s’ils veulent participer à l’élaboration de l’outil, ils peuvent le contacter. Leur expertise est la bienvenue !

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Adrien Renaud

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