Le dispositif Asalée sauve du temps médecin

La coopération médecins et infirmiers, un atout

Selon une étude de l’Irdes, les médecins généralistes ayant intégré le dispositif Asalée peuvent suivre davantage de patients diabétiques et ce suivi est plus efficient. Une preuve de l’efficacité des coopérations entre médecins et infirmiers.  

Du temps médical libéré, des patients diabétiques mieux suivis, une éducation thérapeutique renforcée : qui dit mieux ? Parue en décembre dernier, la question d’économie de la santé « La coopération entre médecins généralistes et infirmières améliore le suivi des patients diabétiques » dresse un bilan très positif des retombées du dispositif Asalée (Action de santé libérale en équipe).
Créée en 2004, cette coopération entre médecins généralistes et infirmiers est intégrée au cabinet des praticiens afin de s’adapter à la demande de soins, notamment l’augmentation du suivi de patients chroniques (diabète, maladies cardio-vasculaires, BPCO, troubles de la mémoire, etc…). Asalée correspond à une évolution du métier de médecin généraliste, qui nécessite de plus en plus de travailler en équipe et de libérer du temps médical. Le dispositif permet aussi de renforcer les actions d’éducation thérapeutique auprès des patients atteints de maladie chronique. Selon le dernier décompte réalisé par l'Irdes en février 2019, plus de 3 000 médecins généralistes travaillent déjà en binôme avec 700 infirmières Asalée.

HbA1c et microalbuminurie beaucoup mieux suivies

Cette étude* porte sur un échantillon de médecins entrés dans le dispositif entre 2012 et 2015, à l’occasion d’une large expansion du dispositif. Six indicateurs, traditionnels dans le suivi des patients diabétiques de type 2, ont été retenus : la réalisation au moins trois fois par an d’une hémoglobine glyquée et au moins une fois par an d’une microalbuminurie, d’une créatininémie, d’un examen lipidique, d’un fond d’œil ou d’une visite chez l’ophtalmologiste, d’un ECG ou d’une visite chez le cardiologue.
Résultat de cette étude : les indicateurs sur lesquels le suivi patinait sont nettement améliorés lorsque le patient bénéficie d’un suivi via Asalée, notamment la réalisation de l'HbA1c (75% vs 41%) et de la microalbuminurie (différence de 12%). L’écart est moins fort pour les indicateurs de suivi déjà relativement bons, à savoir la réalisation de créatinémie et le suivi de l’anomalie lipidique.
 

Les infirmiers Asalée libèrent du temps médical

Par ailleurs, plus la coopération est ancienne et mature entre médecin et infirmier (avec notamment des actions d’éducation thérapeutique et la réalisation d’actes dérogatoires par l’infirmière) et plus le suivi des patients s’en voit amélioré. « Ces résultats montrent que le dispositif permet au médecin de suivre un plus grand nombre de patients, pour un temps médical équivalent, suggérant ainsi que le dispositif permet de sauver du temps médecin » concluent les auteurs de l’étude. Cette augmentation de la patientèle des médecins inscrits dans le dispositif Asalée a été mise en évidence par l’Irdes (comme le montrent ces graphiques).
Observer l’impact de la coopération médecins-infirmiers sur le suivi des patients diabétiques est d’autant plus significatif que la marge d’amélioration dans la prise en charge de cette pathologie est importante : l’objectif des 80% de patients diabétiques correctement suivis, fixé par la Loi de santé publique, n’est pas atteint pour le moment en France.
 

* données provenant du système des données de santé (SNDS) et de deux registres de l’association Asalée, dans le cadre du programme d’évaluation DAPHNEE (Doctor and Advanced Public Health Nurse Experiment Evaluation).

Portrait de Sophie Cousin

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