La médecine de demain et le numérique

Quel avenir pour le médecin ?

"La révolution numérique modifie les comportements et change la relation médecin-patient", dixit Benoît Thieulin, président du Conseil national du numérique. Retour sur la conférence qu'il a donné aux Salons Santé Autonomie, accompagné de Jean-Luc Harousseau, président de la HAS.

La révolution numérique est en marche, et nous en sommes seulement au début. Un exemple cité par Benoît Thieulin : "Avec le big data et l'ADN connecté, plus aucun diagnostic ne sera fait par un médecin mais par un calculateur. Le médecin sera là pour vérifier". Ainsi, selon lui, le rôle du médecin sera, d'ici quelques années, totalement modifié. Le problème ? "Ces choses ne sont pas enseignées aux étudiants en médecine et c'est une catastrophe".

Jean-Luc Harousseau renchérit : "en France, on est en retard dans le numérique. Or, tout va très vite, il faut donc absolument que les médecins soient formés". Parce que la watsonisation de la médecine est en marche, "ce n'est qu'une question de date". La watsonquoi ? Si bien sûr, Watson, le robot. Le principe : "on entre un profil de patient, et on obtient des propositions de diagnostic". Mais, précise Jean-Luc Harousseau, "ce n'est qu'une aide à la décision du médecin". "Cela ne remet pas en question le rôle du praticien", ajoute Benoît Thieulin. Ouf.

Toutefois, il existe aussi des risques avec le numérique, qu'il faut prendre en compte dès maintenant. "L'horreur du big data", pour Benoît Thieulin, "c'est le fait que ma mutuelle puisse avoir accès aux données des applis santé de mon smartphone par exemple. C'est un cauchemar mais c'est tout à fait possible". En effet, la protection des données est encore un sujet flou. Autre risque, un excès de normatisation selon le président de la HAS. Les patients qui utiliseraient trop ou mal ces applications, avec des effets néfastes ou encore aucun effet du tout. Le médecin doit donc être présent pour réguler et aider. Et un mot d'ordre pour Jean-Luc Harousseau : "Il faut évaluer" tous ces objets et outils de e-santé.

Finalement, le numérique va modifier le rapport à la médecine. "En jouant un rôle en épidémiologie et médecine préventive", rôle positif donc selon le président de la HAS. Et malgré tous les risques qui existent, Benoît Thieulin affirme : "il ne faut pas s'imaginer qu'il existe un déterminisme technologique".

Source: 

Cécile Lienhard

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