La consultation passera à 30€ en décembre... si les syndicats de médecins acceptent de signer l'accord

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Consultation à 30€ et avis ponctuel du consultant à 60€ avant fin 2024 font notamment partie des mesures figurant dans le projet de loi de la nouvelle convention médicale, désormais aux mains des syndicats de médecins qui restent partagés sur le contenu.

La consultation passera à 30€ en décembre... si les syndicats de médecins acceptent de signer l'accord

© Midjourney x What's up Doc 

Les médecins libéraux pourront commencer à augmenter le tarif de leur consultation à 30 euros à partir de décembre, selon le projet d’accord finalisé vendredi entre l’Assurance maladie et les syndicats de médecins.

L'avis ponctuel du consultant (APC), une consultation du spécialiste dans un délai court, à la demande du généraliste, va également passer à 60 euros à la même date, contre 56,50 euros actuellement.

D'autres consultations de spécialistes seront également revalorisées en décembre, ou "dans une nouvelle étape au mois de juillet 2025", a indiqué le directeur général de l'Assurance maladie, Thomas Fatôme, en présentant le projet d'accord.

Un peu plus tard, en 2026, les praticiens pourront avoir recours à la nouvelle consultation longue du médecin généraliste à 60 euros, réservée aux patients de plus de 80 ans et dans certaines circonstances précises (sortie d'hospitalisation ou remplissage du dossier d'allocation personnalisée d'autonomie par exemple).

« Presque tous les éléments sont sur la table » 

Les consultations internes aux syndicats auront lieu la semaine prochaine, avec l'espoir de sceller l'accord la dernière semaine de mai.

Le Dr Franck Devulder, président du syndicat de spécialistes et de généralistes CSMF, s'est montré favorable à une ratification par son organisation. "Cette convention, qui est un compromis, apporte-t-elle un plus? Je pense que oui", a-t-il indiqué. "Et est-ce qu'elle apporte des contraintes en plus" pour les médecins? Je pense que non".

"Presque tous les éléments sont sur la table", mais "il en manque encore un" a jugé de son côté le docteur Jean-Christophe Nogrette, l'un des dirigeants du puissant syndicat MG France, organisation suffisamment représentative pour valider à elle seule le nouvel accord, côté généralistes.

Ce dernier "élément" manquant pour MG France porte sur l'avis ponctuel du consultant.  Les généralistes tiennent à ce que cette consultation ne puisse pas être utilisée par des spécialistes pour s'adresser entre eux des patients, en court-circuitant le médecin traitant.

L'association Médecins pour demain s'est quant à elle montrée plus réticente, estimant que malgré "quelques concessions", il n'y avait "pas de grand changement par rapport" aux dernières négociations. "L’État a refusé de mettre le budget pour sauver la santé et ses concitoyens" a-t-elle même écrit sur X (anciennement Twitter).

1,6 milliard de dépenses en plus

Selon plusieurs syndicats et la Cnam, ce conflit devrait être tranché sans trop de difficulté dans le week-end, par une ultime modification de rédaction du texte.

D'une manière générale, les différentes revalorisations prévues par le texte représentent à terme 1,6 milliard d'euros de dépenses en plus pour l'Assurance maladie, et 1,9 milliard de dépenses en incluant aussi les dépenses des complémentaires santé, a précisé Thomas Fatôme.

Le ministre délégué à la Santé Frédéric Valletoux s'est félicité d'un "investissement financier très important de l'Assurance maladie".

Le projet d'accord "propose un juste équilibre entre revalorisation de la médecine de ville, qualité et pertinence des pratiques (NDLR médicales) et réponses aux besoins des Français en matière de santé", a-t-il estimé.

Selon Thomas Fatôme, ce projet d'accord comporte "pour la première fois" des "objectifs partagés" entre médecins et Assurance maladie, pour améliorer l'accès aux soins (augmentation de la patientèle moyenne du médecin traitant par exemple) ou pour tenter de maîtriser les prescriptions (objectif de réduction de 2 points de la croissance annuelle des jours d'arrêt de travail par exemple).

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/les-pharmaciens-aussi-sont-mecontents-des-negociations-conventionnelles-greve-le-30-mai

Les syndicats de spécialistes libéraux ont déjà prévenu que même s'ils ratifiaient l'accord de ce vendredi, ils continueraient de soutenir la grève des cliniques privées prévue à partir du 3 juin, en déprogrammant consultations et opérations.

Avec AFP

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