Fruit d’un travail commun qui a duré quatre semaines, l’Anemf et l’Isnar-IMG viennent de conclure une compagne sur l’indépendance de la profession médicale, au travers des formations qui sont proposées sur le sujet. Au menu de cette campagne qui a débuté le 22 septembre dernier, une interview de Irène Frachon :
Ce premier entretien a été suivi par la présentation le 29 septembre du « livret de sensibilisation à l’influence de l’industrie pharmaceutique » par la troupe du rire :
Dans un troisième épisode, le Pr Molimard, pharmacologue à Bordeaux, présentait le cours qu’il anime sur les relations avec l’industrie pharmaceutique à destination des étudiants en médecine de premier cycle :
Puis ce fut au tour de Robin Jouan de présenter Les Journées de l’esprit critique niçois :
Le 6 novembre, les deux syndicats d’internes et d’étudiants en médecine présentaient la FACRIPP (Formation à l’Analyse Critique de la Promotion Pharmaceutique), faisant partie intégrante des enseignements du DES de Médecine Générale de l’Université de Bordeaux depuis 2017 :
Enfin, le Dr Soulié expliquait pourquoi il a choisi l’indépendance vis-à-vis de l’industrie :
À l’issue de cette campagne, l’Anemf et l’Isnar-IMG tiraient le constat que « les conflits d’intérêts, découlant de liens d’intérêts, ont d’ores et déjà été à l’origine de désastres humains. Les études l’ont prouvé : le marketing et les contacts répétés suffisent parfois à influencer la pratique médicale ».
Malheureusement l’offre en terme de formations aux enjeux de l’indépendance de la formation est encore trop pauvre. Aussi, les deux syndicats demandent que « des enseignements soient instaurés de manière systématique dans tous les cycles des études médicales » sur cette question.
L’Anemf et l’Isnar-IMG regrettent aussi que l’ordonnance de 2017 ait été conduit sans l’aide des étudiants. En effet, un décret issu de cette ordonnance a permis la suppression des frais d’hospitalité des étudiants en médecine, sans penser à l’instauration d’un nouveau système de financement de ces frais d’hospitalité : « il n’est pas tolérable que des futurs professionnels de santé voient leur apprentissage régresser par manque de financement. Il est donc urgent d’investir massivement dans la formation. »
Pour régler tous ces problèmes, les deux syndicats demandent donc la « création d’une commission nationale réunissant associations, syndicats et institutions, afin de trouver des solutions pérennes ». La balle est dans le camp du ministère de la Santé…
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