Harcèlement, précarité, santé dégradée, les étudiants infirmiers au plus mal

Nurse Jackie

La santé physique et mentale des étudiants en soins infirmiers s'est "dégradée" ces dernières années, selon une enquête publiée hier par leur fédération nationale (Fnesi), qui pointe aussi une précarité "chronique" et un harcèlement "quotidien".

Comme en 2017, la Fnesi a sondé les quelque 100 000 élèves infirmiers sur leur "bien-être" global. Plus de 15 000 ont répondu et les résultats sont "ahurissants".

Plus d'un quart (28%) déclarent ainsi prendre des somnifères, un chiffre en hausse de plus de 20 points en cinq ans. Plus d'un tiers (37%) consomment des médicaments antidouleur "plusieurs fois par semaine" ou "tous les jours", soit à peu près autant que ceux (42%) qui souffrent de douleurs musculosquelettiques "souvent" ou "tout le temps".

Comme les corps, les esprits sont meurtris. Près des deux tiers (61%) estiment que "leur santé mentale s'est dégradée depuis le début de leur formation", soit neuf points de plus qu'en 2017. Les principaux symptômes de cette "nette aggravation" enregistrent tous une hausse au moins équivalente : crises d'angoisse (48%), dépressions (28%), idées suicidaires (16%).

29% des étudiants infirmiers sont contraints de faire un choix dans leurs dépenses, au détriment de l’alimentation

Pour ne rien arranger, leur précarité devient chronique et la majorité (58%) "doivent travailler à côté" de leurs 35 heures hebdomadaires de cours ou de stage. Près d'un tiers (29%) ont même été contraints de "faire un choix dans leurs dépenses", notamment au détriment de l'alimentation ou des protections menstruelles.

Les futurs soignants, souvent des jeunes femmes de 18 à 25 ans, subissent des discriminations (26%) liées à l'âge, au physique ou aux origines, et du harcèlement (31%), par d'autres soignants dans la plupart des cas. Une sur six rapporte même avoir subi des violences sexuelles, plutôt de la part de patients.

La formation la plus demandée par les futurs bacheliers sur Parcoursup ressemble à "une spirale infernale", conclut la Fnesi. Pour sa présidente, Mathilde Padilla, "cette alerte doit servir à une réelle prise de conscience des institutions encadrantes".

Avec AFP

 

 

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