Grippe aviaire : déjà dix millions de volailles abattues en France

Dix millions de volailles ont été abattues en France, un chiffre record pour endiguer le plus sévère épisode de grippe aviaire qu'ait connu le pays, confronté à une flambée inédite dans les Pays de la Loire.

 

Ces abattages massifs sont suivis de longues phases sans animaux dans les élevages, appelées "vides sanitaires", laissant présager une baisse de l'offre de poulets, dindes et canards.

Depuis le premier cas recensé dans le nord de la France, fin novembre, près de 1.000 exploitations de volailles ont été infectées (983 foyers confirmés), dont 451 en Vendée, où les autorités sont en train de vider les élevages y compris des animaux sains - préventivement. En quelques semaines, ce département jusque là indemne s'est retrouvé plus lourdement affecté que celui des Landes (231 cas), fief du canard régulièrement touché par la grippe aviaire depuis 2015. Le nombre de foyers augmente aussi chez les voisins de la Vendée : 70 en Loire-Atlantique, 63 en Maine-et-Loire.

Selon les informations communiquées mercredi à l'AFP par le ministère de l'Agriculture, près de la moitié des dix millions d'animaux euthanasiés viennent des Pays de la Loire. Cette région est le deuxième bassin de production des volailles françaises après la Bretagne, où deux cas ont été récemment recensés.

"Notre priorité est d'empêcher le virus de continuer à se propager", a expliqué le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, lors d'un déplacement mardi en Vendée.

"C'est un tsunami psychologique pour les éleveurs", a affirmé mercredi la présidente du syndicat majoritaire FNSEA, Christiane Lambert, évoquant le "risque que 30% des volailles françaises soient abattues". Les pintades ont été particulièrement "décimées", a-t-elle déploré.

Répercussions industrielles

Les professionnels de la volaille et du foie gras préviennent que l'offre sera forcément réduite. La machine ne pourra pas être relancée rapidement: après les abattages, les élevages resteront vides plusieurs semaines pour s'assurer de la disparition du virus, et il faudra encore attendre avant de commercialiser les animaux.

"Il s'écoule par exemple quatre mois entre l'arrivée d'un dindonneau dans un élevage et la mise sur le marché de la viande de dinde", relève l'interprofession de la volaille Anvol. "Cette situation est dramatique pour les éleveurs et entraînera une réduction d'activité d'abattage voire l'arrêt momentané de certains sites" industriels, anticipe le leader français de la volaille LDC.

Le syndicat minoritaire Confédération paysanne et l'association de défense des animaux d'élevage CIWF dénoncent la gestion des abattages par les autorités. En règle générale, les volailles sont euthanasiées individuellement par un vétérinaire ou collectivement dans des caissons remplis de gaz carbonique, avant d'être transportées à l'équarrissage. La Confédération paysanne affirme qu'il est parfois demandé aux éleveurs de faire le "sale boulot" quand l'exploitation est infectée : creuser des fosses pour "enfouir les animaux morts sur les exploitations ou à proximité", voire mettre à "l'arrêt des ventilations pour provoquer la mort des animaux par asphyxie".

Le ministre de l'Agriculture a invité mardi à "ne pas faire de quelques cas des généralités". "Aujourd'hui, on privilégie à chaque fois d'autres solutions que celle-là. Mais dans certains cas, elle peut être autorisée par dérogation et permise par la règlementation, quand il est jugé que c'est la seule solution pour éviter des situations où des animaux meurent à petit feu pendant des jours", a affirmé M. Denormandie.

Les crises liées à la grippe aviaire restent habituellement circonscrites au Sud-Ouest. L'an dernier, près de 500 foyers avaient été recensés dans des élevages et 3,5 millions d'animaux, essentiellement des canards, abattus.

Trente-quatre pays européens ont été touchés par le virus depuis sa réapparition sur le continent à l'automne. Outre les élevages français, ceux du nord de l'Italie ont été particulièrement affectés, avec 18 millions de volailles abattues, principalement issues de grandes exploitations.

Rappelons, citant l'institut Pasteur que : "Si la plupart des virus aviaires n’infectent pas l’homme, certains sous-types parviennent parfois à franchir la barrière des espèces : c’est le cas du virus H5N1, pathogène pour l’homme et présent en Asie. A l’heure actuelle, la transmission du virus ne se fait que de l’animal à l’homme, mais les autorités sanitaires redoutent une évolution du virus vers une forme transmissible d’homme à homme, porte ouverte à une pandémie." De quoi rester prudents...

Avec AFP

Portrait de La rédaction

Vous aimerez aussi

Santé Publique France a publié hier soir son point épidémiologique hebdomadaire sur l’épidémie de coronavirus. BA 5 gagne du terrain ! Et la variole...

Des traces d'une forme de polio dérivées d'une souche vaccinale ont été retrouvées dans des échantillons d'eaux usées prélevés dans une station d'...

L’Association des maires de France (AMF) a assuré mercredi que les élus locaux étaient de plus en plus tentés par des mesures de contrainte pour...

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.