Élections aux URPS : MG France mise sur l’attractivité

Les élections aux URPS, c’est pour bientôt ! Pour vous aider à y voir plus clair, What’s up Doc se plonge dans les programmes des candidats. C'est au tour de MG France de se prêter au jeu. 

Permettre à la médecine libérale de retrouver toute son attractivité, voilà l’objectif que s’est fixé MG France pour ces nouvelles élections aux URPS. Cinq ans après avoir raflé la première place dans le camp des généralistes, le syndicat présidé par Jacques Battistoni réaffirme sa raison d’être. « Si MG France existe, c’est pour que la médecine générale soit reconnue au même titre que les autres », nous confie le Président sept jours avant le début des élections qui se dérouleront du 31 mars au 7 avril en ligne.

La rémunération, une condition sine qua non de l'attractivité 

« La profession n’est pour l’heure pas assez attractive. C’est dans ce cadre-là qu’on inscrit une recherche de revalorisation de notre exercice », indique Jacques Battistoni. Dans sa profession de foi cru 2021, le syndicat a donc décidé de voir grand dans ses revendications tarifaires. Parmi les pistes de rattrapage envisagées ?

  • Un forfait médecin traitant, allant de 10 à 80 euros en fonction du patient et de sa pathologie ;
  • Un forfait structure permettant l’emploi d’un assistant médical et l’équipement du cabinet ;
  • Le doublement de la rémunération des maîtres de stage ;
  • La majoration tarifaire des consultations à domicile à 80 euros, comprenant 20 euros de frais de déplacement.

« Ce sont des corrections qui sont attendues par l’ensemble des médecins généralistes. », assure Jacques Battistoni. Et d’ajouter : « Obtenir une équité de rémunération entre les différentes spécialités médicales est constitutif de MG France. Depuis 2016, nous avons fait une partie du chemin. Il faut le poursuivre », plaide le Président, tout en défendant son bilan.

Une meilleure qualité de vie au travail, un objectif revendiqué 

Une condition d’attractivité qui ne peut pourtant pas se suffire à elle-même, à en croire Jacques Battistoni. « Face à la crise démographique, l’objectif est de redonner à l’exercice libéral toute son attractivité. Et augmenter la rémunération des médecins ne va pas modifier leurs conditions de travail de manière significative », argue-t-il. Une conviction, défendue par ses syndicats départementaux, qui pousse MG France à décliner ses propositions dans l’exercice quotidien des médecins. « La qualité de vie au travail des médecins libéraux est très perfectible », indique Jacques Battistoni, qui assure que cette situation est liée aux retards d’investissements dans les soins primaires. Au programme, donc :

  • « La possibilité d’exercer avec un assistant médical à temps plein pour chaque médecin qui le souhaite sans engagement à augmenter son activité », peut-on lire dans la profession de foi du syndicat. Et son Président d’argumenter : « C’est une disposition qui doit répondre aux problématiques de départs et de démographie médicale. Mais l’exigence d’augmenter son activité pour pouvoir travailler avec un assistant médical peut être un frein pour les médecins. Afin de rendre cette disposition plus attractive, il faut assouplir ces critères d’inclusion » ;
  • « Obtenir un accès direct au médecin conseil (messagerie sécurisée, numéro dédiée », poursuit le syndicat. Une proposition motivée par un constat. « Il y a pas mal d’années, nous avions un numéro d’accès direct aux médecins conseil de l’assurance maladie. Désormais, cette dernière peut nous appeler mais l’inverse est compliqué », explicite Jacques Battistoni.
  • Mettre en place un forfait de primo-installation « pour compenser l’absence de rémunération forfaitaire ». « Quand on est installé, on touche le forfait patient-médecin traitant. Le médecin qui s’installe, lui, n’a pas d’équivalent alors qu’il a souvent des frais d’installation », argumente le Président.
  • L’inclusion du samedi dans la PDSA. Cela, « pour garder un équilibre vie professionnelle/vie personnelle », peut-on lire dans le programme de MG France. « Désormais, la profession - et les jeunes en particulier - aspire à des conditions de travail normales. Elle veut pouvoir avoir une vie à côté du travail », argumente le Président.

Préserver la vie personnelle, un ingrédient primordial 

Car qui dit qualité de vie au travail pense aussi à la qualité de vie personnelle… Un lien que n’oublie pas MG France. Dans son programme, le syndicat semble vouloir prendre en compte toutes les étapes de la vie d’un médecin. « Pour sécuriser la parentalité, moduler les indemnités journalières en fonction des revenus » ; « Pour se soigner en toute sérénité, indemnités journalières maladie proportionnelles aux revenus sans délai de carence » ; « Pour favoriser le cumul emploi-retraite, chaque euro cotisé ouvre les mêmes droits », liste notamment le syndicat. « Pour redonner à la médecine générale toute son attractivité par rapport aux autres spécialités, il faut que ce métier puisse être exercé en toute sérénité », conclut le Président.

Source: 
Portrait de Julia Neuville

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