Drame : nouveau décès d’interne à Nancy

L’Isni vient d’annoncer la mort d’un interne en premier semestre de biologie médicale à Nancy, ce qui porte à 4 le nombre de décès d’internes depuis de début de l’année.

Et un décès d’interne de plus… Moins d’une semaine après le suicide d’un interne à Reims, l’Isni vient d’annoncer la mort d’un interne en premier semestre de biologie médicale à Nancy, « ce qui porte à 4 le nombre de nos disparus cette année », précise l’intersyndicale.

Ces décès sont malheureusement « l’arbre qui cache la forêt », selon l’Isni qui estime que « la souffrance des soignants est systématiquement étouffée ». Et de lister les maux qui gangrènent la vie des soignants au quotidien : le manque de personnels, de moyens, « un temps de travail qui dépasse les limites de sécurité pour les patients, des situations de harcèlement professionnel, la brutalité administrative, les carences d’accompagnement des étudiants et de bientraitance dans les programmes de formation sont les coupables de ces tragédies ».
 
Pour l’intersyndicale, les annonces ministérielles d’Agnès Buzyn à la suite de l’enquête sur la santé mentale des étudiants en santé « n’ont été que des coquilles vides ». Car le Centre national d’appui « n’a été doté ni de statuts, ni de financements et ne repose que sur l’engagement de professionnels bienveillants et de représentants syndicaux impliqués ».
 
Quant à l’annonce d’imposer strictement la limite des 48 heures hebdomadaires, elle est « vide de sens tant qu’il n’existe pas légalement d’obligation de décompter les heures de travail des internes », selon le syndicat qui ajoute que la mise en place de demi-gardes (18h-minuit) va « aggraver les situations précaires de travail à risque au lieu de les interdire ».

Des recours juridiques

 
L’Isni en profite pour rappeler ses revendications qui ont jusqu’à présent été rejetées :
- décompte horaire du temps de travail
- observatoire national de la souffrance des soignants
- donner des moyens de développer des structures d’accompagnement efficaces dans toutes les UFR.
 
Par ailleurs, l’intersyndicale annonce plusieurs recours juridiques. Elle saisira désormais systématiquement le procureur et se portera partie civile « en cas de décès d’un interne ou d’un docteur junior administratif », mais aussi contre le décret sur le temps de travail des internes européen auprès de la CJUE (Cour de justice de l'Union européenne)« qui a rendu obligatoire le décompte horaire du temps de travail pour tous les salariés ».
 
Elle se portera également partie civile « contre chaque direction hospitalière qui ne respecterait pas les dispositions en cours sur le temps de travail, contre chaque harceleur, contre chaque commission ou institution qui n’assumerait pas sa responsabilité de prévention ».
 
Enfin, l'Isni demande au ministre de la Santé « des réponses concrètes (...) en rupture avec les effets d’annonce et les mesurettes de sa prédécesseure ».

 

Suicide Écoute :
Écoute des personnes confrontées au suicide.
Permanence d’écoute téléphonique 24h/24, 7j/7.
Tél. : 01 45 39 40 00
Site Internet : www.suicide-ecoute.fr
Portrait de Julien Moschetti

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