« Doc en Stock va me permettre de présenter la richesse de l’addictologie à des jeunes médecins »

Alice Deschenau

Alice Deschenau a plusieurs vies, psychiatre, chef du service Addictions à l’hôpital Paul Guiraud et talentueuse rédactrice en chef de What’s up Doc, mais aujourd’hui c’est en tant que recruteuse et ambassadrice de l’addictologie à Doc en Stock, le Salon des carrières médicales à Paris en 2023, qu’elle nous parle.

What’s up Doc : Doc en Stock débarque en 2023, tu es chef de service à l’hôpital, donc à la recherche constante de médecins, est ce que ce rendez-vous va être pour toi un incontournable ?

Alice Deschenau : Il y a un réel intérêt pour un salon comme Doc en Stock, pour les disciplines comme la mienne, qui est donc l’addictologie. Ce n’est pas une spécialité, comme la psychiatrie, la santé publique, la dermatologie, c’est une sur-spécialisation à laquelle on peut venir, à partir de différentes spécialités.
Cela veut aussi dire que ça pourrait intéresser des personnes qui n’y avaient jamais pensé ! C’est positif de donner de la visibilité, créer des rencontres à un moment où des médecins s’interrogent sur la suite de leur carrière et viennent chercher des opportunités.

 

L’addictologie peut concerner tous les médecins ?

A.D. : Oui, et c’est ce qui est passionnant avec cette discipline c’est qu’elle est exercée par des médecins qui viennent de spécialités différentes, généralistes, infectiologues, hépatologues, pneumologues, psychiatres… Et c’est ce qui nous permet d’ailleurs d’être complémentaires pour la prise en charge des patients.

Donc il y a un vrai intérêt à croiser des professionnels, à parler entre confrères. Soit il y a ceux qui ne savent pas exactement quoi faire encore, l’addictologie ça peut être une nouvelle idée. Ça peut être une autre manière d’exercer à partir de sa spécialité et découvrir un univers complètement nouveau.

Et j’espère bien rencontrer aussi, des médecins qui d’emblée sont intéressés par l’addictologie et qui viennent rencontrer des responsables de service ou de centre qui cherchent à recruter.

Surtout que dans notre discipline, il y a toute une offre de prise en charge : il y a des centres, des lieux de consultation, des lieux d’hospitalisation qui peuvent être soit à l’hôpital à proprement parlé en MCO, soit dans le champs des SSR, mais aussi tout l’univers du médico-social hospitalier ou associatif.

 

Et les médecins ne sont pas assez informés ?

A.D. : Non, ce n’est pas un univers très bien connu par des jeunes médecins, ni des médecins tout court. Donc il y a la nécessité de créer des interfaces comme Doc en Stock pour leur en parler, leur présenter toute la richesse et la diversité de l’exercice et du coup aussi tous les types de contrats et de modalité d’exercice.

 

Et donc toi en tant que chef de service addiction à l’hôpital, il te manquait un rendez-vous pour présenter ta discipline et ses opportunités ?

A.D. : Oui car finalement comme il y a un diplôme complémentaire devenu FST qui a été créé en addictologie, ça donne l’impression à des jeunes médecins qui ne l’aurait pas fait, que l’addictologie leur est fermée.

Alors que beaucoup de médecins qui pratiquent en addictologie, y sont venus à partir d’une autre spécialité qu’ils pratiquaient initialement. Ils ont appris sur le tas et ont complété avec des diplômes universitaires, des capacités… On peut tout à fait partir de la base qu’on a, via sa spécialité, et s’appuyer sur la formation continue en addictologie. C’est très ouvert comme milieu, et ça peut vraiment être une opportunité pour réorienter une carrière ou une activité.

Ce n’est pas quelque chose de très évident pour les médecins, jeunes et moins jeunes, donc, les espaces comme Doc en Stock où on peut expliquer tout ça, sont précieux pour nous, pour remettre l’addictologie dans le champ des possibles d’un certain nombre de confrères.

 

Et dans un salon avec toutes l’offre médicale possible, cliniques, centres de soins, associations, quels seront tes arguments pour vanter la carrière hospitalière ?

A.D. : L’argumentaire n’est pas salarial, car malheureusement dans le public, par rapport à des établissements privés et par rapport même à des conventions associatives, on est plutôt en dessous, même si le Segur, heureusement, a relevé un peu le niveau.
Notre attractivité sur un lieu comme l’hôpital, c’est que l’on appartient à une institution, il y a une solidarité. Pendant la Covid nos infirmières se sont retrouvées toutes en arrêt en même temps, et on est restés ouvert, contrairement à d’autres dispositifs. On a eu la chance que d’autres infirmiers issus d’autres services, viennent s’occuper chez nous de l’accueil des patients. C’est un exemple pour illustrer l’intérêt d’être dans une structure avec du support institutionnel. Ce n’est pas négligeable.

L’hôpital permet aussi d’être dans une communauté médicale, avec des ressources que ce soit du côté de la psychiatrie, ou des soins somatiques. On est moins isolé. C’est quelque chose de précieux. Cela permet d’avoir une pratique avec un public plus complexe, que ce soit par les comorbidités psychiatriques, somatiques ou problématiques sociales. On garde l’habitude de ne pas être désarmés face à des situations difficiles.

Etre hospitalier, sans être forcément dans un hôpital universitaire, favorise aussi l’accès à des formations, la mise en place d’études cliniques. On accueille aussi des internes, des étudiants en formation, c’est une dynamique qui nous oblige à rester informés, au courant, en pointe dans notre discipline. Parce que l’addictologie c’est une discipline qui reste jeune, il continue d’y avoir beaucoup de recherches, des nouveaux outils thérapeutiques…

Tous ces arguments nécessitent des rendez-vous comme le proposera Doc en Stock pour pouvoir prendre le temps de les développer !

 

 

Portrait de Luc Angevert

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