Cinq terroristes allemands ont tenté d’enlever le ministre la Santé, à cause des restrictions Covid

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Le procès de cinq extrémistes de droite allemands, soupçonnés d'avoir projeté l'enlèvement du ministre de la Santé et un coup d'Etat, s'est ouvert mercredi 17 mai à Coblence (ouest).

Cinq terroristes allemands ont tenté d’enlever le ministre la Santé, à cause des restrictions Covid

Karl Lauterbach, ministre de la santé en Allemagne.

© Wikicommons

Cette affaire est exemplaire d'une montée des comportements haineux envers la classe politique, a estimé le ministre visé, Karl Lauterbach, dans un entretien à l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Le procès suscite un intérêt particulier en Allemagne où le terrorisme d'extrême droite a été classé au premier rang des menaces. L'idéologie des "Reichsbürger", "Citoyens du Reich" opposés aux valeurs démocratiques, a connu un essor notable depuis les restrictions contre le Covid-19.

Quatre hommes et une femme sont jugés pour avoir fomenté le projet de "créer par la violence des conditions de guerre civile en Allemagne", selon l'enquête du parquet fédéral, chargé des affaires de terrorisme.

Le complot incluait d'enlever le ministre de la Santé du gouvernement d'Olaf Scholz, impopulaire auprès des opposants aux mesures anti-Covid.

Le groupuscule avait pour finalité "de provoquer la chute du gouvernement et de la démocratie allemande", selon l'accusation.

Ils auraient concocté un plan en trois phases, commençant par un sabotage des installations électriques pour déclencher un "blackout" dans le pays. Ils projetaient ensuite l'enlèvement du ministre de la santé, après avoir tué ses gardes du corps.

Ces actions devaient créer les conditions d'une "guerre civile", selon le parquet, et la désignation d'un nouveau dirigeant, autour duquel les membres du groupe auraient "occupé des fonctions centrales au sein de l'exécutif".

Elisabeth R., l'une des prévenus âgée de 75 ans, avait le rôle de "maître à penser", a estimé le procureur général Wolfgang Barrot. Au fil des années, elle aurait développé "un modèle de pensée porté par l'antisémitisme".

Ce groupuscule voulait gagner Vladimir Poutine à sa cause

Cette enseignante à la retraite et ses acolytes contestaient la légitimité de la République fédérale, rêvant d'un retour au IIème Reich institué en 1871 et qui a proclamé Empereur le roi de Prusse Guillaume 1er.

Ils prévoyaient néanmoins quelques adaptions modernes, telles l'introduction du droit de vote pour les femmes.

Le groupuscule a tenté de gagner le président russe Vladimir Poutine à sa cause : une lettre écrite par Elisabeth R. a été envoyée au dirigeant pour obtenir son soutien. Ils voulaient aussi approcher le président polonais Andrzej Duda dans le même objectif.

Pendant la lecture de l'acte d'accusation, Elisabeth R. a maintenu la plupart du temps, sa tête penchée sur une poubelle. "J'ai peur de vomir", dit-elle d'une voix tremblante, tandis que les autres accusés sont restés de marbre.

Dans l'entretien au Spiegel, le ministre Lauterbach a prédit une augmentation sensible de "ce genre de menaces et d'attentats contre des hommes politiques".

"La société continue à se radicaliser de façon extrême (...) Nous allons avoir des problèmes encore plus importants", a-t-il estimé.

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Quelques mois après l'arrestation de ce groupuscule, les autorités allemandes avaient démantelé, en décembre, un autre réseau complotiste armé, structuré autour d'un aristocrate et d'anciens militaires. Se réclamant aussi de l'idéologie des "Reichsbürger", ils voulaient renverser les institutions et attaquer le Bundestag.

Avec AFP

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