Big matching = big foutoir

Alors que la procédure de choix de stage pour les futurs docteurs Junior devait commencer hier, l'application de big matching a opportunément planté. 

« Plateforme indisponible » : voilà le message que pouvait lire les internes qui se sont connectés sur la plateforme de big matching, pour sélectionner leur terrain de stage, dans le cadre du choix de leur stage pour la toute nouvelle phase de consolidation. Pour rappel, une nouvelle procédure a été mise en place, appelée big matching, pour les internes qui rentrent en phase de consolidation (les fameux docteurs juniors), qui permet via un algorithme de faire correspondre le choix de stage des internes, avec la sélection effectuée par les maitres de stage, quant au candidatures desdits internes. Mise en place pour la première fois cette année, cette procédure de big matching avait été testée avec succès auprès des internes en gériatrie d’Ile-de-France. Mais patatras ! Hier, alors que les internes auraient pu renseigner sur cette plateforme informatique leur choix de stage, elle était indisponible techniquement. Sur le site de l'Université numérique sport et santé (Uness), qui s'occupe de tous les aspects techniques de la procédure de big matching, on pouvait lire ce mot d'excuse : "La plateforme est ouverte depuis le 9 juin dans la nuit. Certains étudiants sont bloqués par un bug lié au rapprochement avec les informations IMOTEP (base de gestion des internes). C'est en cours de résolution."

« L’Uness, qui est le maitre d’œuvre du big matching, nous a assuré que la plateforme serait accessible ce 9 juin dans l’après-midi », nous a informé un groupe d’étudiants en médecine, dépités. Mais en notre présence, à 14 heures la plateforme restait indisponible. « Ils ont pris une semaine de retard car la plateforme aurait dû être ouverte le 1er juin pour que nous puissions effectuer des tests. Or, le 1er juin, elle n’était pas ouverte. Nous sommes très inquiets car la procédure de choix doit se terminer le 10 juin et nous n’avons aucune communication officielle sur une possible prorogation de cette procédure de choix », ajoute ce groupe d’étudiants. Quoi qu’il en soit, ce gros bug a fait bondir l’intersyndicale nationale des internes en médecine (Isni) qui dans un post Facebook qualifie la procédure de big matching de «grand n’importe quoi ». Et d’ajouter : « Aujourd'hui la plateforme de choix des internes a été lancée dans certaines subdivisions pour les internes devenant "Docteur Junior" en novembre. Au bout de quelques heures la plateforme plante et ne sera plus accessible avant demain. Probablement parce que le test en condition réelle demandé par l'ISNI n'a pas été réalisé, probablement parce que l'ISNI a été exclu des tests car on critiquait la méthode de test. Les internes n'auront donc plus que 24h (au lieu des 15 jours annoncés) pour choisir, classer et adresser des lettres de motivation à des dizaines de services. » 

Recours de l'Isni

Mais les problèmes techniques ne sont pas les seuls que relèvent l’Isni : le big matching a lieu avant certaines autres procédures et commissions : « FST, hors région, années recherche ». Un interne nous a contacté pour nous expliquer en quoi cette inversion des priorités est un non-sens : « J’ai demandé à réaliser une année de master mais je n’aurai la réponse que fin juin. Ainsi, ou bien je bloque une place en big matching que je risque de ne pas faire parce que j’aurai été choisi en master. Ou bien j’attends la réponse de mon master et s’ils ne me prennent pas, quid de mon stage de docteur junior ? Va-t-on me réserver un terrain de stage en surnombre ? Ou devrai-je prendre ce qui reste ? » L’Isni en tous les cas compte initier un retour, quoi qu’il en soit. 

Portrait de Jean-Bernard Gervais

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