Avortement : en voiture Simone, ça urge !

Simone de Beauvoir

Londe de choc provoquée par larrêt de la Cour Suprême des Etats-Unis d’Amérique abrogeant lavortement comme un droit légitime de la femme va continuer de se répandre. Il y a urgences à entrer à résistance.

Alors que des pays font évoluer favorablement le droit aux femmes à l’avortement comme en Argentine, la Pologne a rétropédalé en durcissant un accès déjà limité à l’avortement en 2020, et rejeté une initiative citoyenne cette année ; les Ukrainiennes en détresse qui s’y sont réfugiées en subissent le prix comme les Polonaises.

La décision de la Cour suprême a déjà enclenché des décisions d’interdiction ou de fortes restrictions dans huit Etats américains, et d’autres vont suivre. Si Elisabeth Badinter sur France Inter exprimait un espoir dans le fait que la société civile et les entreprises poids lourd du pays soutiennent l’accès à l’avortement des femmes, elle a aussi déclaré : « Je me dis que si le pays qui semble être à la tête des démocraties occidentales, cest ça ! Nous sommes en grand danger. Comme on ne peut pas révoquer une décision de la Cour suprême américaine comme ça, ce sera extrêmement difficile pendant des années. Cest un désespoir et une indignation sans précédent. »

La fameuse citation de Simone de Beauvoir résonne dans nos têtes depuis ce vendredi : « N'oubliez jamais qu'il suffira d'une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant. »

Il s'agit de rentrer en résistance, il ne faut rien lâcher, et les médecins ont le pouvoir de participer à cela !

Ce qui vient de se produire est une atteinte dans une des formes les plus visibles de l’atteinte aux droits des femmes. Mais la lutte pour l’accès à l’avortement n’est pas qu’affaire de loi. C’est aussi dans un système de santé en crise, en manque de professionnels de santé, comment l’accès à l’avortement pourrait être mis à mal par manque de ressources humaines, ou une éventuelle recrudescence de la clause de conscience des professionnels.

C’est aussi comment certains « régressistes » revendiquent d’être nommés par des termes qui n’ont en réalité rien à voir avec ce qu’ils proposent au monde. Il est temps de ne plus reprendre ces noms autoproclamés de « pro-life », d’autant plus au regard du poids en morbimortalité et en impact social de l’absence d’avortement libre et médicalisé.

Il s’agit bien là, avec la pandémie, la guerre, l’inflation, le populisme et les réactionnaires qui gagnent du pouvoir dans nombre de pays démocratiques, de s’en rappeler à nos aînées et leurs compagnons de tous pays et de ne pas juste croiser les doigts en espérant que cela ne soit qu’un cauchemar lointain.

Non il s’agit d’entrer en résistance, de l’avortement aux violences conjugales en passant par l’accès au pouvoir des femmes, il ne faut rien lâcher. Et les médecins ont le pouvoir de participer à cela !

 

Portrait de Alice Deschenau

Vous aimerez aussi

Le 10 juin, l’APH, l’ISNI et Jeunes Médecins avaient sollicité le Conseil d’Etat pour que le temps de travail des internes soit respecté. À la suite...

Retraité depuis moins d’un mois, Eric Alauzet est le genre de député à être actif sur les bancs de l’Assemblée nationale. Ce spécialiste de la...

Pour se faire une idée des profils des député·es élu·es, Whats’ up doc a décortiqué la liste côté santé. 

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.