Après le bac, médecine ou école d’ingé ? L’École des Mines propose de faire les deux

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L’École des Mines de Saint-Etienne propose depuis une quinzaine d’années un diplôme d’ingénieur spécialement délivré pour les étudiants en médecine. Cette année, elle offre la possibilité aux intéressés de suivre une prépa gratuite en ligne, en parallèle de leurs études.

Après le bac, médecine ou école d’ingé ? L’École des Mines propose de faire les deux

© Midjourney x What's up Doc

Comment choisir entre médecine et ingénierie lorsqu’on est particulièrement férus de matières scientifiques au lycée ? La célèbre école d’ingénieurs des Mines de Saint-Etienne souhaite allier la connaissance médicale à l’expertise de l'ingénieur, à travers un double diplôme médecin-ingénieur. 

Créé en 2008, le cursus se destine aux étudiants en médecine qui conservent une certaine fibre pour les mathématiques, la physique et la biologie. L’objectif étant d’acquérir « toutes les compétences nécessaires pour développer de nouvelles technologies en médecine, pour mener des recherches en biotechnologie, ou pour créer [sa] start-up », à condition de mettre en momentanément en pause ses études de médecine. 

Nouveauté de cette année : les étudiants en médecine peuvent suivre un cycle préparatoire en ligne pendant deux ans, en parallèle de leurs études. 

Initialement destinée aux internes en fin de cursus, la maquette, renouvelée cette année, s’adresse désormais aux étudiants qui entrent en deuxième année de médecine. « On ne pouvait travailler qu’avec les internes qui se trouvaient sur place à Saint-Étienne, ce qui était quand même très limitant », Jérémie Pourchet, responsable du diplôme qui souhaite massifier les rangs, encore trop maigres, de la formation. 

En proposant ce diplôme en début de cursus, l’enseignant chercheur en ingénierie sanitaire espère ainsi recruter des « pépites » très tôt, au moment où les bacheliers férus de matières scientifiques hésitent entre les études de santé et l’ingénierie.

« Une grosse partie des terminales se dirigent par héritage familial vers les études de médecine, mais conservent un très grand intérêt pour les maths et la physique » sans pouvoir rééllement le faire valoir, explique Jérémie Pourchet. « C’est à ce moment-là qu’ils doivent pouvoir nous identifier ». 

Gain de temps

« Nous avons deux grands profils qui se distinguent », continue-t-il, « ceux qui se destinent à la recherche, et ceux qui s’orientent vers l’entreprenariat ». Parmi les anciens élèves, une radiologue a récemment créé une start-up qui s’intéresse à l’IA pour améliorer le diagnostic médical. « Tous sont médecins avant tout. Le côté ingénieur, c’est une couche supplémentaire pour les aider à réaliser leur projet professionnel », résume l’enseignant. 

Flavius Mitis, qui suit actuellement ce diplôme, a conservé depuis le lycée une fibre pour les mathématiques, la physique et la biologie. Avant de découvrir l’existence de ce cursus, il avait pour projet de terminer ses études de médecine, puis d’intégrer par la suite une école d’ingénieur.

Le diplôme des Mines représente un double avantage en termes de temps et d’organisation pour le jeune Suisse, qui étudie la médecine à Genève. « Je gagne du temps, puisque c’est intégré dans mes études, et en plus, je peux me spécialiser directement dans ce qui m’intéresse, c’est-à-dire les sciences de données ». Flavius s’intéresse particulièrement à l’intelligence artificielle, domaine qu’il pourra appliquer à la spécialité qu’il choisira plus tard, « neurochirurgie peut-être »

Mais le diplôme se décline facilement à d’autres spécialités, selon Jérémie Pourchet, même si « la radiologie, médecine nucléaire, médecine de santé publique et toutes les spécialités chirurgicales », s'y prêtent d'autant plus. 

La médecine vue par l’ingénieur

Une fois leur première année de médecine validée, les étudiants intègrent pendant deux ans le cycle préparatoire du diplôme à distance.  Au programme : trois heures de cours par semaine en maths, physique et informatique, censées « tester » leur aptitude à tenir un cursus ingénieur classique. 

Au terme de ces deux ans (trois avec la première année de médecine), ceux qui peuvent intégrer le diplôme à l’école des Mines doivent mettre en suspend leurs études de médecine. Ils intègrent alors le diplôme généraliste historique de l’école Ingénieur Civil des Mines (ICM), dont 80% des enseignements sont au choix. 

Flavius, qui a terminé sa première année, a lui opté pour une majeure en science de données, comprenant « énormément d’outils permettant de mieux appréhender l’intelligence artificielle, les algorithmes et les techniques pour pouvoir analyser et traiter les données ».

En complément, il a suivi le séminaire « dynamique des systèmes biologiques humains », en partenariat avec Centrale Lyon, « de la biomécanique appliqué aux systèmes cardiovasculaire et locomoteur », explique-t-il. Tout cela lui a permis selon lui de « mieux cerner les connaissances médicales, mais du point de vue de l'ingénieur »

Car pendant leur cursus à Mines Saint-Etienne, lui et ses camarades suivent les mêmes enseignements que les élèves-ingénieurs de l’École. Ils en ressortent au bout de deux ans, diplômés, prêt à reprendre leur cursus médical, là où il s’était arrêté. 

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/inequitable-inefficace-floue-la-reforme-de-2020-des-etudes-de-sante-ce-nest-toujours-pas-ca

Pour s’inscrire, rendez-vous sur le site internet de l’École des Mines. Les responsables pédagogiques requièrent lettre de motivation et CV, ainsi que la validation de la première année de médecine.

L’enseignement préparatoire à distance est gratuit pour le moment, afin que « l’argent ne représente pas un frein » à l’enseignement, explique le responsable du programme, qui n’exclut toutefois pas qu’il devienne payant à l’avenir « en cas de succès ». Pour les étudiants qui continuent, l’école des Mines coute environ 3 000 euros à l'année et propose « de nombreuses bourses », et un échelonnage des tarifs sur critères sociaux.

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