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L’équipe pluridisciplinaire composée de mathématiciens et de médecins se donne quatre ans pour modéliser des solutions de tri aux urgences et proposer des outils d’amélioration de leur prise en charge. Avant la crise du Covid, les quelque 700 structures d’urgences françaises recevaient près de 21 millions de patients par an, plaçant l’Hexagone en tête du taux de recours en Europe.
"Nous avons conscience que les problèmes des services d’urgence ne se réduisent pas à des algorithmes, mon souhait est que nous parvenions à proposer des mesures qui auront un impact", a exprimé Jean-Frédéric Gerbeau, directeur général à la science au sein de l’Inria.
L’objectif final est de produire des données scientifiques qui permettront de définir des axes d'optimisation des parcours aux urgences et donneront lieu à des préconisations, plus politiques, sur le déploiement matériel et humain des ressources hospitalières.
"La conséquence est la hausse de la mortalité et du taux d’hospitalisation du côté des patients"
"L’organisation du flux des patients aux urgences est au cœur de la question du fonctionnement des urgences hospitalières" et ce, "depuis très longtemps", a déclaré la directrice-adjointe de l’AP-HP Catherine Paugam-Burtz qui s’est félicitée de la collaboration inédite entre différentes équipes de médecine d’urgences.
La saturation des services d’urgences est emblématique de la crise profonde que traverse l’hôpital public depuis de nombreuses années. Cet été, le ministre de la Santé François Braun, lui-même urgentiste de profession, avait pris un ensemble de mesures spéciales visant à leur permettre de continuer à fonctionner.
Actuellement, "les urgences n’arrivent pas à répondre à la demande et sont donc dans l’incapacité de prodiguer des soins de qualité dans un délai raisonnable", a diagnostiqué Youri Yordanov, médecin à l’hôpital Necker-Enfants malades qui copilote le projet de recherche. "La conséquence est la hausse de la mortalité et du taux d’hospitalisation du côté des patients, et l’épuisement et la démotivation des équipes du côté des professionnels", a-t-il ajouté.
Avec AFP
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