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Surcharge de travail, stress, isolement, précarité : l'état de santé des étudiants est « indéniablement dégradé », souligne l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf) dans ce « baromètre de la qualité de vie » réalisé grâce aux réponses de 6 663 étudiants (12 % du total) sur la plateforme Microsoft forms, du 15 février au 15 mars.
Ainsi, 52 % des répondants présentaient « un état anxieux » au moment de l'étude, qui s'appuie notamment sur « l'échelle HAD » (hospital anxiety and depression scale), utilisée en psychiatrie. Cet « état anxieux » concerne 12,5 % de la population générale, selon les données de Santé publique France (SPF). Quelque 13 % des étudiants en médecine présentaient eux un « état dépressif ».
Autre chiffre inquiétant : 20 % « ont eu des idées suicidaires au cours des derniers mois » (contre 4,2 % de la population générale selon SPF) et parmi les concernés, 76 % « identifient la scolarité comme une des raisons ».
Beaucoup de VSS mais peu de signalements
En stage, 20 % des interrogés assurent avoir subi des outrages sexistes, 13 % du harcèlement sexuel et 3 % une ou des agressions sexuelles. « La grande majorité des auteurs sont des supérieurs hiérarchiques », même si les patients font aussi partie des agresseurs, précise l'étude.
Mais les dispositifs de signalement sont « utilisés de manière anecdotique », notamment parce que les victimes pensent que cela « ne sert à rien », ne savent pas à qui s'adresser, ou craignent « des retombées ». 6 victimes sur 10 l'ayant signalé estiment que cela était « inutile ».
Dans la vie universitaire (à la faculté, lors d'évènements...), 8 % ont été victimes d’agressions sexuelles - dont plus de 80 % lors d'événements festifs - et 2 % victimes de viol. Mais seulement 23 % l'ont signalé.
Consommation excessive d'alcool et stupéfiants
Par ailleurs, deux étudiants sur 3 consacrent « plus de 45h par semaine à leurs études », un sur trois « plus de 60h », selon l'Anemf pour qui l'externat est une période de « majoration » de la détresse psychologique.
« Chaque mois, une personne sur cinq a de réelles difficultés financières » et « malgré des emplois du temps déjà surchargés, 49 % des étudiants exercent une activité rémunérée en parallèle », note encore l'association.
L'étude déplore également la « sédentarité » des étudiants et observe « une consommation relativement importante de certaines substances psychoactives » (poppers, cannabis, protoxyde d’azote...). Environ 42 % des répondants ont une « consommation d'alcool à risque ».
L'Anemf appelle à prendre des mesures, notamment la mise en place pour tous les étudiants d'une « visite obligatoire » régulière auprès d’un service de santé étudiante et un « dispositif formalisé d’écoute psychologique ». Elle invite également ainsi à améliorer la formation des équipes pédagogiques.
Elle appelle enfin à « réduire le volume de connaissances exigibles » au concours de sixième année et à revaloriser la rémunération des étudiants stagiaires. Les externes perçoivent par exemple entre 219 euros et 320 euros nets mensuels.
Avec AFP