© Midjourney x What's up Doc
Le gouvernement prépare de nouveaux arbitrages sur l’accès aux études de santé, une réforme possible de la Pass/LAS actuelle. Et c’est pour ça que la Conférence des doyens a choisi de réagir.
Les doyens mettent en garde contre une « réforme de la réforme » qu’ils jugent « non applicable pour 2027, non soutenable financièrement et à haut risque de désorganisation pédagogique », dans un communiqué envoyé aujourd’hui aux rédactions.
Le ton est posé, mais le message est clair : ils cherchent à peser sur une réforme qu’ils estiment mal calibrée.
Un constat implicite : PASS/LAS ne tient pas ses promesses
Sans formuler de critique frontale, le texte dresse en creux un bilan sévère du système actuel.
Les objectifs mis en avant — simplification, lisibilité, équité, amélioration de la réussite et du bien-être étudiant — pointent directement les failles du PASS/LAS, souvent jugé trop complexe et inégal selon les universités.
Un débat déjà documenté sur What's up Doc, notamment autour des tensions entre maintien du PASS/LAS et retour à une voie unique, ou encore des expérimentations locales de « One LAS ».
Une voie unique pour remplacer PASS et LAS
La mesure centrale est sans ambiguïté : fusionner les deux voies actuelles.
Les doyens proposent « une voie unique portée par les facultés de médecine ou de santé », en précisant qu’elle « ne soit pas un retour à la PACES » et qu’elle « préserve le meilleur des acquis de la réforme de 2020 », selon leur communiqué.
L’objectif affiché est de sortir d’un système devenu difficilement lisible pour les étudiants comme pour les universités.
Une première année recentrée sur la santé
Dans ce modèle, la première année doit retrouver une cohérence pédagogique.
Les doyens défendent des « contenus pédagogiques comportant une majorité d’enseignements en lien avec la santé », complétés par « une partie d’enseignements hors santé » permettant diversification des profils et réorientation.
Un équilibre qu’ils jugent aujourd’hui insuffisant, notamment dans les parcours PASS.
Moins de sélection en fin d’année, plus en amont
Autre évolution notable : le déplacement du filtre de sélection.
Ils proposent d’« augmenter le pourcentage d’étudiants accédant aux filières MMOP (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie) […] en régulant l’accès via Parcoursup », selon leur communiqué.
L’idée est de limiter l’échec massif en première année en agissant davantage à l’entrée, plutôt qu’à l’issue d’une année très sélective.
Réussite et bien-être étudiant au cœur du dispositif
Le communiqué insiste sur l’accompagnement des étudiants, avec un « meilleur accompagnement », une augmentation des enseignements dirigés et un « renforcement du tutorat étudiant gratuit et ouvert à tous ».
Les doyens pointent également le manque actuel d’enseignements hors santé, qui limite les possibilités de poursuite d’études pour les étudiants recalés.
Des moyens comme condition préalable
Sur ce point, le texte est explicite : la réforme ne pourra pas se faire à moyens constants.
Les doyens demandent « des moyens supplémentaires […] en enseignants-chercheurs et en personnels de scolarité ».
Autrement dit, sans investissement, la transformation du système est jugée irréaliste.
Passerelles et encadrement des parcours à l’étranger
Ils plaident pour une augmentation des passerelles d’accès aux études de médecine, mais refusent « l’intégration des étudiants français partis se former en Europe sans évaluation préalable ».
Une position qui vise à maintenir un contrôle académique sur les parcours d’entrée.
Une vision structurée, mais un débat ouvert
Au final, les doyens dessinent une première année plus lisible, plus homogène et plus encadrée.
Mais cette vision ne fait pas consensus. Comme l’ont montré plusieurs prises de position relayées par What's up Doc, notamment sur le maintien du PASS/LAS ou les modèles alternatifs comme le « One LAS », le débat reste ouvert entre simplification du système et maintien de la diversification des parcours.
Une critique assumée 6 ans après. Certains, certainement bien moins intelligents que nos chers doyens, ont dénoncé dès le début ce qu’était cette réforme et dont la mise en place a été condamnée à de multiples reprises par de nombreux tribunaux dont le conseil d’état.
Les doyens sommeillaient ou hibernaient peut-être pendant tout ce temps. Les étudiants eux subissaient. Certains s’en sont sortis non sans dégâts, d’autres ont été broyés, d’autres encore sont partis et ne reviendront pas. Mais toute cette souffrance psychologique les doyens en ont cure !!!