Vous voulez rendre votre cabinet éco-responsable ? Elles aussi ! Voici leurs tips

S'installer, trouver des locaux, des associé·es mais aussi chercher à rendre son cabinet éco-responsable… Autant de charge mentale et administrative qui pèsent sur les épaules des futur·es médecins généralistes. 

Pour tenter de répondre à leurs interrogations, le congrès Isnar-IMG, qui se tenait à Tours les 24 et 25 février, s’est intéressé à une médecine “verte et inclusive”. Deux ateliers avaient été prévus à ce sujet, dont un autour des outils pour rendre son cabinet plus éco-responsable. “Ce congrès est là pour que l’on apprenne à prendre soin de nous, et de notre environnement”, explique Faustine, interne de 28 ans. 

Dans la salle, des dizaines de personnes prennent place. Avant de donner des conseils pour s’installer dans un environnement plus vert, Alice Baras, chirurgienne-dentiste et autrice du Guide de cabinet de santé écoresponsable revient sur les conséquences du réchauffement climatique, face à une salle déjà acquise.  

Dans son dernier rapport publié lundi 28 février, le Giec estime que presque la moitié de la population mondiale vit dans “un environnement très vulnérable au changement climatique”. En Europe, le niveau actuel du réchauffement climatique (+1,09°C) se traduit par des vagues de chaleur et des sécheresses. Et cette situation se répercute sur la santé. “Nous entrons dans une aire de pandémies, commence Alice Baras. Nous allons être confronté·es à plus de virus mais aussi à une pandémie de maladies chroniques. Une fois que l’on sait que le changement climatique impacte nos vies et notre santé, on a plusieurs options, continue-t-elle. On peut vouloir rester dans le déni ou bien agir et s’adapter pour limiter son impact sur la nature.”

L’empreinte carbone de la santé représente 8% de l’empreinte nationale

A ce jour, l’empreinte du secteur de la santé sur l’environnement est évaluée à 47 millions de tonnes de CO2 par an, soit 8% de l’empreinte nationale, selon le think tank Shift Project. La très grande majorité vient de l’achat de médicaments (33%) et de dispositifs médicaux (21%). 

Alors que faire ? Pour Alice Baras, le recyclage n’est pas la solution. “Réduire son empreinte carbone, c’est accepter de consommer moins pour produire moins de déchets.” Cette sobriété est la base d’un cabinet écoresponsable, continue Alice Baras. “Pour l’électricité, pour les produits à usage unique comme par exemple les draps d’examen ou encore pour la consommation de produits ménagers toxiques, il est possible de réduire et cela sans impacter la qualité du soin.” Cette dentiste tient à souligner qu’il n’est pas question ici d’utiliser du vinaigre blanc pour désinfecter le cabinet. En revanche, il est possible de mettre en place des nudges pour inciter à une meilleure prise en compte de l’environnement.

Ce coup de pouce a pour objectif d’influencer le comportement des individus. Par exemple, pour obliger les hommes à bien viser l’urinoir, une mouche a été dessinée au fond. En essayant de la viser, les hommes urinaient droit. “Résultat pour le nettoyage, il y avait besoin de moins de produits”, souligne Alice Baras. “Ce qui fait que l’on réduit son impact sur l’environnement.”

Autre solution, ne pas installer ses locaux dans un bâtiment écoresponsable en construction. “Le bilan énergétique est plus neutre quand on va reprendre un bâtiment existant et qu’on va le mettre aux normes”, continue cette chirurgienne-dentiste.

La pollution tue plus que le tabac

A travers ces mesures simples, elle tente de rassurer les internes face à elle. Pas question ici de les culpabiliser. D’autant plus que d’après une étude publiée par Greenpeace et Oxfam, les 63 milliardaires français ont à eux seuls une empreinte carbone équivalente à celle de la moitié de la population française.

Pour conclure cette conférence, Juliette Zimmermann, interne en médecine générale et membre d’Alliance Santé planétaire souligne qu’il est difficile de convaincre les patient·es. “Nous devons être exemplaires pour que nos patient·es s’inspirent de nous, explique Juliette Zimmermann. On sait que la pollution tue plus aujourd'hui que le tabac. Pourtant si on parle du tabac à nos patient·es, on parle peu des perturbateurs endocriniens par exemple. A nous de nous emparer de ces sujets.”

Emma, interne de 24 ans, espère pouvoir mettre en œuvre tous ces bons conseils dans ces futures années d'exercice. “C’était très intéressant, j’ai beaucoup appris. En revanche, ici sur le congrès, je ne vois pas le côté écologique. Par exemple, le midi, on mange dans du tout jetable avec beaucoup de plastique. C’est un peu contradictoire de faire une conférence sur comment réduire les déchets pour au final ne pas l’appliquer sur le salon.” Une façon de rappeler que l’exemplarité passe aussi par de petits gestes. 

Portrait de Elodie HERVE

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