Tous ensemble contre les médicaments anti-Alzheimer

… et contre Marisol Touraine

MG France, la FMF et Le Bloc ont appelé vendredi à ne plus prescrire les médicaments contre la maladie d’Alzheimer. Une irruption dans la santé publique pour le moins inhabituelle de la part des syndicats médicaux.

 

Trois syndicats de libéraux qui signent un communiqué commun sur un sujet de santé publique. Cela s’est produit vendredi dernier, et l’auteure de ce miracle est Marisol Touraine. En annonçant, contre l’avis de la Haute autorité de santé (HAS), qu’elle s’opposerait au déremboursement des médicaments anti-Alzheimer, la ministre a de nouveau réussi à faire l’unité syndicale contre elle.

Résumé des épisodes précédents. En 2011, déjà, la HAS avait rétrogradé les médicaments contre la maladie d’Alzheimer, estimant que leur service médical rendu était faible. Le 21 octobre dernier, la même institution corsait la note en préconisant leur déremboursement.

Moi vivante, jamais !

C’était compter sans la ministre de la santé. Interviewée sur RTL quelques jours plus tard, Marisol Touraine a conditionné tout déremboursement à la mise en place d’un protocole de soin. « Tant que ce protocole de soin ne sera pas non seulement élaboré, mais mis en œuvre, la question du déremboursement ne peut pas et ne doit pas se poser », a-t-elle asséné.

Tollé dans la blogosphère et la twittosphère médicales. À tel point que MG France, la FMF et Le Bloc se sont sentis obligés d’entrer en jeu. Ils ont décidé de recommander aux médecins « de cesser complètement la prescription de ces médicaments ».

Maîtrise-toi toi même

D’après Claude Leicher, le président de MG France, les trois syndicats doivent en tant que signataires de la convention prendre leurs responsabilités financières. « On ne cesse d’en appeler à la maîtrise médicalisée des dépenses de santé », rappelle-t-il. « Eh bien la maitrise médicalisée, cela signifie que quand un produit est non-efficace et toxique, il nous apparaît raisonnable de ne pas le prescrire. »

Voilà qui est assez savoureux. Les syndicats de libéraux, qui lors des négos conventionnelles ont lutté bec et ongles pour obtenir un effort financier plus important de la part de l’Assurance maladie, en appellent maintenant à la maîtrise des dépenses.

De la nécessité de couvrir ses fesses

Mais ce n’est pas tout. Car l’affaire a d’après le président de MG France aussi un aspect médico-légal. « On nous signale des risques, notamment cardio-vasculaires », explique le syndicaliste. « Or si, d’ici quinze ans, des familles de patients portent plainte, ce sont les médecins prescripteurs qui seront jugés responsables ».

Pour Claude Leicher, il s’agit tout simplement d’éviter un nouveau scandale sanitaire. « Ne recommençons pas le coup du Mediator », avertit-t-il. Noble combat. Alors si en plus, cela permet de gêner un peu Marisol Touraine…

Source: 

Adrien Renaud

Portrait de La rédaction

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