SOLIDAYS 2021. Une édition spéciale soignants. Une édition hors du temps.

Une journée endiablée en plein air, à fouler la terre. Marquée par ses Ecocups imprimés, ses danses improvisées, ses chants déclamés et …ses giboulées. Comment ne pas s’empêcher de comparer la météo de cette édition spéciale soignants aux quinze moins qu’ils viennent de vivre. Des averses brutales et imprévisibles, parsemées d’éclaircies ramenant soleil et chaleur aux festivaliers, avant un nouveau nuage menaçant à l’horizon. 

Luc Barruault, fondateur et directeur de Solidarité Sida depuis 29 années dorénavant, incube l’idée et recueille en Mai l’accord et la participation financière du Ministère des Solidarités et de la Santé, la Région Ile de France, la marie de Paris, mais aussi très rapidement les autres partenaires privés habituels de Solidarité Sida. Puis tout va très vite, 32 000 inscrits au grand tirage au sort pour 10 000 à 12 000 heureux élus en ce 04 Juillet pour cette 23° édition totalement gratuite. Enfin, gratuite… « Le coût zéro n’existe pas, évidemment » nous rappelle l’utopiste pragmatique. Et de fait les nombreux artistes ayant répondu à l’invitation, tels que M, 47Ter, Youssoupha ou encore Soso Maness, n’ont pris aucun cachet dans cette démarche solidaire. Leur production a pris en charge le coût des répétitions. Comme si chaque artiste, touché d’une quelconque manière par cette épidémie, voulait montrer à sa façon une volonté personnelle sa reconnaissance vis à vis des soignants. Tout comme les 400 bénévoles et 400 techniciens dépêchés gracieusement. 

Une édition qui se veut unique et singulière, bien différente des précédentes. Ce dimanche, pas de stand de réduction des risques, pas de gains permettant ultérieurement de financer des programmes de prévention et d'aide aux malades séropositifs en France et au delà. Luc Barruault, affirme haut et fort la volonté d’une parenthèse hors du temps, des habitudes, des difficultés financières (70% de revenus en moins du fait du manque à gagner de l’absence d’édition payante sur deux années consécutives) pour l'unique volonté d’un merci aux soignants. 

C’était aussi l’occasion de renouer la dynamique collective au regard de la nouvelle contrainte réglementaire du Pass Sanitaire. Et une conclusion s’impose : « le soignant est festif mais n’aime pas se contraindre ». Malgré des relances répétées sur les trois possibilités d’accès à l’hippodrome (PCR de moins de 48h, deuxième injection vaccinale réalisée ou certificat de rétablissement récent) il a fallu faire de la pédagogie à l’entrée… et utiliser quelques cotons tiges à visée antigénique !

Mais l’équipe des Solidays n’est pas rancunière. Alors que résonnent en écho les raisons même de sa création au regard d’une pandémie il y a une vingtaine d’année, c’est d’une autre pandémie ayant mis le pays à l’arrêt dont on fête aujourd’hui l’espoir de maîtrise. Tous en poncho, le bras levé, à célébrer la vie et se laver des blessures de cette année hors de temps, des nuits interminables, des situations critiques ineffaçables. Les pieds battant le sol au rythme des basses tel un régiment : celui des soldats de première ligne qu’ont été, que sont et seront les soignants.  

Portrait de Anaïs Charon

Vous aimerez aussi

Apres les succès de Thomas Lilti avec Hippocrate et le sacre d’Albert Dupontel aux Césars, la grande famille des médecins-cinéastes va bientôt s’...

Dans « Confidences d’une dermatologue* », Flora Fischer partage sur sa pratique avec bon sens et humanité.  

Quelques années après Elizabeth Garrett Anderson en Angleterre, Madeleine Brès (1839-1925) est devenue, en 1875, la première femme médecin en France.

Le gros dossier

 

Le magazine What’s Up Doc est édité par l’agence Planète Med.