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A partir d’une analyse réalisée entre 2010 et 2023, la revue Prescrire énumère 105 médicaments dont 88 commercialisés en France, pour lesquels la balance bénéfice-risque reste « défavorable dans toutes les situations cliniques dans lesquelles ils sont autorisés », écrit-elle dans son récent rapport.
Elle recense ainsi des médicaments « d’utilisation courante » qui pour certains sont « commercialisées depuis de nombreuses années », regroupés en quatre catégories distinctes.
Les médicaments actifs qui exposent à des risques disproportionnés par rapport à leur bénéfice (1).
Les anciens médicaments obsolètes car d'autres traitements plus récents les remplacent (2) ; et au contraire les traitements plus récents jugés moins efficaces que les anciens (l'immunodépresseur tériflunomide (Aubagio ou autre) utilisé dans le traitement de la sclérose en plaques devrait par exemple être « écarté des soins »).
Enfin, les produits « placebo » sans efficacité prouvée et qui peuvent exposer à des effets indésirables graves (4).
Du plomb dans le Smecta
Plusieurs grands noms de l'industrie pharmaceutique sont ainsi pointés du doigt au regard de leur composition. C'est le cas de l'antidiarrhéique Smecta qui contient du plomb, matière aux effets toxiques du point de vue neurologique, hématologique, rénal et cardiovasculaire.
« Les argiles médicamenteuses utilisées dans divers troubles intestinaux dont les diarrhées, les brûlures gastriques ou les reflux gastro-œsophagiens, sont à écarter en raison de leur pollution naturelle par le plomb ». note la revue, qui préconise plutôt l’utilisation d’antiacides sans argile type Gaviscon dans le cas où un « recours médicamenteux » apparaît nécessaire.
Prescrire déconseille aussi l’usage de décongestionnants dans le traitement du rhume, car ils exposent à des troubles cardiovasculaires qui peuvent être « graves voire mortels ». C’est le cas des célèbres Actifed rhume, Nurofen ou encore Rhinadvil.
Certains sirops contre la toux sont également visés. La revue estime ainsi que le Toplexil (ou oxomémazine) expose à « des effets indésirables disproportionnés dans le traitement symptomatique de la toux ». Le Maxilase (ou alpha-amylase) est lui aussi jugé inefficace « au-delà d’un placebo ».
Niveau antihistaminique, la prométhazine injectable (Phénergan) expose « à des thromboses, des nécroses cutanées et des gangrènes », note Prescrire, qui précise que la dexchlorphéniramine type Polaramine qui ne semble pas exposer à ces risques, reste « une meilleure option ».
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