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En mars 2019, un sexagénaire s'était éteint dans cette luxueuse clinique du 8e arrondissement de Paris, des suites d’une crise cardiaque, après avoir reçu une injection visant à agrandir son pénis.
Cet homme, se rendait plusieurs fois par an dans cet établissement pour des actes « facturés plusieurs dizaines de milliers d’euros », relate Le Parisien. Ce soir-là, la clinique Saint-Honoré-Ponthieu était restée ouverte en dehors de ses horaires spécialement pour lui.
L’enquête, ouverte initialement pour homicide involontaire, s’est réorientée vers des faits de non-assistance à personne en danger, d’infraction à la législation sur les substances vénéneuses et d’exercice illégal de la médecine, à l'encontre du chirurgien et directeur de l'établissement, Guy H., et sa chirurgienne assistante.
« Lorsque les enquêteurs se sont penchés sur les causes de la mort, l’injection dans le pénis a été rapidement écartée », a précisé une source judiciaire au Parisien.
Diplômes pas reconnus
La question centrale portait alors sur l'intervalle entre un premier appel à l’aide à 20 heures et l’alerte aux pompiers, donnée deux heures plus tard. Selon la version de la chirurgienne, le patient se plaignait de douleurs abdominales, attribuées à un ulcère, ce qui ne laissait « pas penser à un problème cardiaque ».
L’autopsie a révélé une hypertrophie cardiaque, aggravée par la consommation de produits interdits en France et de vasodilatateurs facilitant l’érection ; découverts lors de la perquisition menée dans la chambre du défunt, dans un palace parisien.
La praticienne, qui a tardé à prévenir les secours, exerçait, quant à elle, depuis plus de vingt ans en France avec des diplômes algériens, sans équivalence ni inscription à l’Ordre.
Guy H., pionnier de la médecine esthétique, administrait également du botox sans disposer de la certification requise, selon le jugement.
Mercredi 28 janvier, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Guy H. à quinze mois de prison avec sursis et à une amende de 50 000 euros.
La chirurgienne, relaxée du chef de non-assistance à personne en danger, a néanmoins écopé de douze mois de sursis et d’une amende de 20 000 euros. Tous deux ont désormais interdiction définitive d’exercer une activité en lien avec la médecine.
« C’est une décision sobre, claire et apaisante », a réagi Me Martin Reynaud, avocat de la chirurgienne, estimant qu’« il y avait quelque chose de vain et de triste à chercher à tout prix un responsable, à la suite d’un décès purement accidentel ».
La famille de la victime n’a pas obtenu d’indemnisation.
Source:
Le Parisien / 20 minutes
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