Paie ton stage ambu !

Les maîtres en colère

Alors qu'officiellement, tout est fait pour valoriser les stages en ville pour les internes en médecine générale, sur le terrain, les intentions se perdent dans les méandres administratifs. Les maîtres de stage s'inquiètent.
— Internes en MG, faites un stage en ambu !

— OK, ça marche. Mais c'est un peu dur à trouver, quand même...

— Bougez pas, on arrange ça.

— Coucou les MG ! Prenez des internes en stage, c'est bon pour eux, pour leur formation, et c'est bon pour vous et votre pratique. Et en plus, on vous rémunère !
— Ah c'est bien ça ! On fonce !

Un peu plus tard...

— Et sinon euh... On ne devait pas recevoir un petit quelque chose ?

La rémunération des maîtres de stage des universités (MSU) pose à nouveau problème. En 2017 déjà, les syndicats avaient relevé des manquements à la rémunération des praticiens, lorsqu'ils étaient aussi chefs de clinique. Cette fois, ils alertent sur un nombre grandissant de reports de paiement par les universités de rattachement des MG.

On s'en fout, on a le temps
Les quelques 9400 MSU sont rémunérés à hauteur de 600 euros par mois pour l'accueil d'un interne, et 300 euros par mois pour un étudiant de deuxième cycle. Dans un communiqué commun, l'Isnar-IMG et le SNEMG rappellent que les textes encadrant cette rémunération n'imposent "aucun délai de paiement ni aucune procédure harmonisée de règlement". Et ils observent, depuis plusieurs mois, une dérive et une hausse du nombre de dysfonctionnements, "entraînant des retards importants et inacceptables de la rémunération des MSU".

"Dans plusieurs facultés, la rémunération est reportée sine die, parfois sans informer les MSU", ajoutent-ils. "Cette situation est d’autant plus inacceptable que le dialogue et la concertation sont souvent refusés avec les MSU réunis au sein des collèges locaux".

Les MSU prêts au combat

À qui la faute ? Les deux syndicats pointent du doigt la complexité du circuit de paiement, qui met en difficulté les services administratifs "souvent en sous-effectifs pour la tâche".

Quelle qu'en soit la raison, ce délai passe mal, face à la volonté affichée de valoriser les stages ambulatoires, en internat comme au cours du deuxième cycle, chez les médecins généralistes et chez les spécialistes. L'Isnar-IMG et le SNEMG indiquent par ailleurs que plusieurs collèges locaux de MSU seraient actuellement en réflexion autour d'actions à mener, pour faire entendre le mécontentement.

En espérant que les difficultés des MSU ne pénalisent pas les internes en recherche d'un stage au prochain semestre.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

Portrait de La rédaction

 

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