Omicron vs 3e dose : qui sort vainqueur ?

Vaincu par KO ou round supplémentaire ? Selon les travaux de l’Institut Pasteur, le variant Omicron serait moins sensible aux anticorps neutralisants, mais la 3e dose permettrait de le neutraliser. Du côté de l’EMA en revanche, pas encore de réponse.

Ça commence mal. Selon l’Institut Pasteur, « les premières études épidémiologiques montrent une transmissibilité accrue du variant Omicron par rapport au variant Delta ». Ce nouveau challenger comprend en effet « plus de 32 mutations dans la protéine Spike, par rapport au premier SARS-CoV-2, et a été désigné « Variant of Concern » ou « Variant d’Inquiétude » par l'OMS le 26 novembre 2021. »

En Afrique du Sud, il est devenu majoritaire en quelques semaines seulement, faisant grimper le taux d’incidence. En France, 347 cas ont été diagnostiqués au 17 décembre. Un nombre qui devrait augmenter dans les jours qui viennent selon les estimations. 

Face à ce constat, des chercheurs ont voulu mesurer la réponse immunitaire. « Dans une nouvelle étude soutenue par l’Union Européenne (Health Emergency Preparedness and Response Authority, HERA), des chercheurs de l’Institut Pasteur et du Vaccine Research Institute en collaboration avec la KU Leuven (Leuven, Belgique), le CHR d’Orléans, l’Hôpital Européen Georges Pompidou (AP-HP) et l’Inserm, ont étudié la sensibilité du variant Omicron aux anticorps, par rapport au variant Delta, actuellement majoritaire », peut-on lire dans le communiqué.

L’objectif : voir dans quelle mesure ce nouveau variant est un coriace face aux anticorps, qu’ils viennent d’une infection passée ou du vaccin. « Les chercheurs ont d’abord testé neuf anticorps monoclonaux utilisés en clinique ou en phase de développement préclinique ». Résultats :

  • Six perdent « totalement leur activité antivirale » ;
  • Les trois autres sont « de 3 à 80 fois moins efficaces contre Omicron par rapport à Delta ».

Les scientifiques ont également mesuré la capacité des patients à combattre le variant après avoir relevé la manche. Ils constatent que « le sang de patients ayant eu un COVID-19, recueilli jusqu'à 12 mois après les symptômes, ainsi que des personnes ayant reçu les deux doses du vaccin Pfizer ou du vaccin AstraZeneca ne neutralisent quasiment plus le variant Omicron, cinq mois après la vaccination. En revanche, les sérums d'individus ayant reçu une 3e dose de rappel Pfizer, analysés un mois après injection, restent efficaces contre Omicron. Il faut cependant de 5 à 31 fois plus d’anticorps pour neutraliser Omicron, en comparaison avec Delta ».

L’Agence européenne des médicaments (EMA) emprunte quant à elle la voie de la prudence.  « Permettez-moi d'insister sur le fait qu'il n'y a pas encore de réponse à la question de savoir si nous aurons besoin d'un vaccin adapté, avec une composition différente, pour lutter contre ce variant ou tout autre », a déclaré Emer Cooke, directrice de l’EMA lors d'une conférence de presse comme le rapporte l’AFP.

« Nous avons besoin d'avoir plus de données quant à l'impact du variant sur l'efficacité des vaccins approuvés, et de rassembler des preuves supplémentaires » de l'action des vaccins actuels, pour prévenir les formes graves ou plus légères de la maladie ainsi que les hospitalisations et les décès, a-t-elle ajouté.

Mme Cooke a cependant souligné qu'avec cinq vaccins et six médicaments contre le Covid-19, « nous sommes dans une position beaucoup plus solide que l'année dernière ».

« Nous avons beaucoup d'outils supplémentaires à notre disposition », a-t-elle ajouté, alors que l'Union européenne a autorisé lundi l'utilisation d'un cinquième vaccin contre le Covid, celui de l'Américain Novavax dans la foulée du feu vert donné par l'EMA.

Avec AFP 

Source: 
  • Considerable escape of SARS-CoV-2 variant Omicron to antibody neutralization. Delphine Planas, Nell Saunders, Piet Maes, Florence Guivel-Benhassine, Cyril Planchais, Julian Buchrieser, William-Henry Bolland, Françoise Porrot, Isabelle Staropoli, Frederic Lemoine, Hélène Péré, David Veyer, Julien Puech, Julien Rodary, Guy Baela, Simon Dellicour, Joren Raymenants, Sarah Gorissen, Caspar Geenen, Bert Vanmechelen, Tony Wawina-Bokalanga, Joan Martí-Carrerasi, Lize Cuypers, Aymeric Sève, Laurent Hocqueloux, Thierry Prazuck, Félix Rey, Etienne Simon-Lorrière, Timothée Bruel, Hugo Mouquet, Emmanuel André, Olivier Schwartz. bioRxiv 2021.12.14.472630; doi: https://doi.org/10.1101/2021.12.14.472630

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