Mon espace santé part à la rencontre du terrain

À partir de janvier 2022, la plateforme Mon espace santé sera généralisée sur le territoire national. Une grand bouleversement précédé d’un tour de France afin de convaincre les acteurs du secteur de la e-santé d’y adhérer.

Mon Espace Santé, c’est pour bientôt ! À partir de janvier 2022, cet espace numérique dédié à la santé des patients (et la vôtre !) sera déployé sur le territoire national. Une étape importante précédée, à partir du 12 mai prochain, d’un Tour de France format webinar. L’objectif notamment ? Convaincre les professionnels de santé de pousser des données dans ce nouvel espace digital qui pourrait bien rebattre les cartes de la relation patient-médecin. « Autour de mon Espace Santé, il y a un enjeu de mobilisation collective. On lance un grand Tour de France qui s’appelle Réussir ensemble mon espace santé pour faire participer l’ensemble de l’écosystème à la construction », indique Dominique Pon, responsable ministériel au numérique en santé, durant une conférence de presse organisée ce 29 avril.

Cela fait deux ans que le Ministère de la Santé et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie, en charge de son développement, travaille sur ce sujet crucial qui s’intègre à la feuille de route du numérique en Santé. L’idée ? Développer « un espace numérique individuel » pensé pour « permettre à chaque citoyen de stocker ses informations médicales et de les partager avec les professionnels de santé qui les soignent ». « Professionnels de santé, industriels, associations de patients… Nous avons rencontré l’ensemble des acteurs de la e-santé pour être sûr d’embarquer tout le monde dans ce projet », détaille Dominique Pon. Un travail au long cours qui a permis de dégager les quatre grands piliers de Mon Espace Santé. À savoir :

  • Le fameux Dossier Médical Partagé (DMP) déjà utilisé par 10 millions de Français. « Le DMP est enrichi en documents médicaux par l’usager et surtout par les professionnels de santé et les établissements. Il reste consultable par les acteurs de santé autorisés », précise le ministère.
  • Un agenda de santé pensé pour recensé tous les rendez-vous « passés et à venir ». Mais aussi rappeler les vaccins et les dépistages recommandés.
  • Une messagerie sécurisée imaginée pour faciliter la prise de contact entre l’équipe de soin et son patient. « Les professionnels de santé pourront échanger de façon sécurisée avec leur patient via la même messagerie qu'ils utilisent pour échanger avec leurs confrères et ainsi éviter les risques de fuites de données via des correspondances non sécurisées (whatsapp, gmail…) », nous précise le ministère. À noter que les messages ne pourront être envoyés qu’à l’initiative des professionnels de santé. Cela, afin de « préserver le temps médical », selon Thomas Fatome, directeur de la CNAM, également présent pendant cette conférence de presse.
  • Un « catalogue d’applications » ; compatibles avec Mon espace santé, ces outils seront « certifiées par l’Etat ». « Par manque de cadre fixé, de vision partagée et de volontarisme politique, nous avons laissé se développer tous un tas de logiciels qui ont fleuri chez les médecins, les hôpitaux, les pharmacies… Ils ne respectent pas bien les normes communes, rappelle Dominique Pon. Le principe de la feuille de route est de dire que l’Etat reprend la main ».

Au travers de cet outil, c’est un grand chambardement dans les habitudes des patients qui se dessine. « Il faut avant tout que les patients alimentent Mon espace santé par eux-même et partagent leurs données avec les professionnels qui les prenants en charge », rappelle le ministère. Un défi de taille qu’il ne sera possible de relever qu’avec le concours des professionnels de santé. « Pour que cela fonctionne, il faudra que les professionnels se l'approprient, alimentent le DMP, utilisent la messagerie… », poursuit l’Institution, qui insiste sur le fait que toutes les données seront stockées en France. Et Dominque Pon d’ajouter : « C’est  la modernisation du système de santé qui est en jeu ».

Une ambition de taille donc qui devrait bientôt se heurter au terrain. « Afin de voir comment cela s’inscrit dans la vie quotidienne des professionnels, nous allons l’expérimenter dans trois territoires », indique Thomas Fatome. À partir de juillet, une phase pilote devrait en effet être initiée en Haute-Garonne, Loire Atlantique et Somme. « Ça fait quatre millions d’usagers », poursuit le directeur de la CNAM. Un temps d’optimisation qui sera suivi, en janvier 2022, du déploiement de la plateforme. « Si les citoyens ne s’opposent pas à cette ouverture dans un délai d’un mois, cet espace sera automatique créé. On ne va plus courir après le patient », précise Dominique Pon. Une référence à peine voilée au DMP qui peine à décoller.

Portrait de Julia Neuville

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