Mémoire d'interne : Dr Géraldine Poenou

Dr Géraldine Poenou, 33 ans, cheffe de clinique, médecin biologiste et vasculaire à l’hôpital Louis-Mourier (AP-HP Colombes) revient avec nous sur ses souvenirs d'internat.

WUD. Quel est ton premier souvenir d’interne?
Géraldine Poenou. Je suis arrivée à Paris pour l’internat, alors mon premier souvenir c’est d’avoir longtemps cherché la salle pour les choix de stage à Porte de la Chapelle ! Je m’attendais à un hôpital en fait ! Et pour les choix aussi c’était compliqué, je ne connaissais ni les hôpitaux ni les services..

WUD. Un souvenir de garde marquant ?
GP. J’avais une rage de dents avec 39 de fièvre, j’étais malade comme un chien mais je me suis obstinée à finir quand même la garde. Je rentre chez moi, puis retourne au SAU… Où ils ont fini par m’hospitaliser ! C’est assez symptomatique de la pression qu’on se met tout seul, à serrer les dents sans prendre soin de soi…

WUD. Qu’est-ce que tu as préféré pendant ton internat ?
GP. Je garde de bons souvenirs de cette période. Je me suis beaucoup investie au syndicat, en tant que vice-présidente puis présidente du SIHP (Syndicat des internes des hôpitaux de Paris). C’est ce qui m’a donné le plus de satisfactions : aider un interne, débloquer des situations complexes…

WUD. Il y a eu des moments plus difficiles ?
GP. Oui, lors d’un stage de biologie. Une de nos co-internes avait un handicap. Elle a été absente pendant quinze jours, et on ne s’est pas préoccupé de savoir pourquoi. Lorsqu’on a appris qu’elle était décédée, d’un accident, je m’en suis voulu de ne pas m’être posé plus de questions. Je me suis vraiment dit qu’on ne prenait pas assez soin les uns des autres. Je pense que c’est lié au formatage pendant les études, où parmi les cases à cocher,
il n’y a pas « Je m’occupe de mon voisin ».

WUD. Pourquoi avoir choisi ces spécialités ?
GP. Ce n’était pas prémédité, ça s’est vraiment fait en fonction de rencontres. Dès le début, j’avais hésité entre médecine et prépa physique-chimie, j’ai toujours beaucoup aimé la biologie moléculaire. Grâce à mes spés, j’ai une expertise sur la thrombose à toutes ses étapes. Je peux suivre des familles, des grossesses, faire du conseil génétique, de l’éducation thérapeutique... Je n’ai pas eu un parcours linéaire, mais au final c’est devenu un atout : on est 3 en France à avoir cette double spé !

WUD. Quel conseil donnerais-tu à la jeune Géraldine qui commence médecine ?
GP. Ce n’est pas grave d’être anticonformiste ! Il y a tellement d’injonctions en première année, aux ECN. Aujourd’hui, je suis aussi à l’aise avec une pipette qu’avec un stéthoscope et j’en suis très heureuse !

 

Portrait de Jean-Victor Blanc

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