Le CAJOU Montpellier-Grisettes : un modèle pour la société du bien vieillir

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Alors que la loi du 8 avril 2024 pose les jalons d'une société plus inclusive pour les personnes âgées et en perte d'autonomie, le centre d'accueil de jour thérapeutique (CAJOU) apparaît comme un exemple concret des initiatives à développer sur tout le territoire. Inauguré en mars 2024, le CAJOU Montpellier-Grisettes géré par la Mutualité Française Grand Sud offre un accompagnement sur mesure aux personnes atteintes d'Alzheimer et de maladies apparentées, tout en soutenant leurs aidants. Une démarche en phase avec les ambitions de la nouvelle loi.

Le CAJOU Montpellier-Grisettes : un modèle pour la société du bien vieillir

© Midjourney x What's up Doc

La France fait face à un défi majeur : celui du vieillissement de sa population. Selon l'Insee, les plus de 65 ans représentent 21,3% des habitants au 1er janvier 2023, et ils seront bientôt plus nombreux que les moins de 15 ans. Pour relever ce défi, le gouvernement a fait adopter le 8 avril 2024 une loi portant mesures pour bâtir la société du bien-vieillir et de l'autonomie. Un texte ambitieux qui vise à prévenir la perte d'autonomie, lutter contre l'isolement des aînés, mieux signaler les maltraitances et soutenir les aidants.

Dans ce contexte, des initiatives comme le CAJOU Montpellier-Grisettes apparaissent plus que jamais comme des modèles à suivre. Johanna Farra, infirmière coordinatrice et responsable de la structure, détaille son rôle : « Mes missions consistent à encadrer l'équipe soignante, à développer les partenariats sur le territoire et à gérer, avec la psychologue, le processus d'admission des personnes accueillies ». Avec une capacité de 15 places par jour, le centre propose un accompagnement personnalisé visant à maintenir l'autonomie et les liens sociaux, dans un cadre sécurisant et familial. 

L'un des atouts majeurs du CAJOU est son service de transport quotidien, qui va chercher les personnes à leur domicile le matin et les y ramène le soir. Un vrai service de proximité ! 

La spécificité du CAJOU réside dans son approche centrée sur les capacités préservées

Une solution qui facilite la vie des aidants, en leur offrant des temps de répit essentiels. Car la loi du 8 avril 2024 l'a bien compris : soutenir le maintien à domicile suppose aussi de soulager ceux qui accompagnent au quotidien leurs proches en perte d'autonomie. 

Au CAJOU, les "personnes accueillies " bénéficient d'activités adaptées, comme l'explique Johanna FARRA : « La journée s'articule autour des actes de la vie quotidienne : préparer le café, débarrasser, mettre la table, faire les courses, cuisiner ensemble une fois par semaine. Nous proposons également de la gymnastique adaptée, des ateliers cognitifs, du jardinage au sein du jardin partagé du quartier des Grisettes ainsi que des sorties à la médiathèque ? musée ou à la plage ». 

La spécificité du CAJOU réside dans son approche centrée sur les capacités préservées. « Notre approche se concentre sur les capacités préservées des personnes. Chaque jour, les groupes sont différents et hétérogènes, mélangeant des personnes à différents stades de la maladie. Cela permet une entraide et une variété dans les activités proposées », souligne l'infirmière coordinatrice.

Le CAJOU travaille en lien étroit avec les médecins traitants

Autre point fort du CAJOU : il constitue un lieu ressource pour les aidants, en leur proposant écoute, conseils et temps d'échanges. « Nous avons mis en place un partenariat avec une association d'aidants pour proposer des ateliers collectifs et individuels chaque mois. Via une application sécurisée nous partageons quotidiennement des photos et vidéos des activités avec les familles », précise Johanna Farra. Une dimension cruciale, alors que la loi entend justement renforcer l'information et l'accompagnement des proches,

Sur le plan médical, si le CAJOU n'a pas de médecin attitré, la structure travaille en lien étroit avec les médecins traitants. « Lors de l'admission, un dossier médical (CERFA) est rempli par le médecin. Si un problème de santé survient, nous passons généralement par la famille qui fait le lien avec le médecin, mais nous pouvons aussi le contacter directement si nécessaire, avec l'accord de la famille », explique la responsable. 

Sur le plan financier, une prise en charge par le Conseil départemental de l'Hérault est possible pour les personnes accueillies. Un soutien bienvenu, dans un contexte où la loi prévoit des aides de la CNSA aux départements qui favorisent les déplacements des aides à domicile et les temps d'échanges entre professionnels. Car pour bâtir une société du bien-vieillir, il faut aussi donner aux territoires les moyens d'agir au plus près des besoins.

Face à l'enjeu du vieillissement, ce type d'initiatives mutualistes à un rôle essentiel à jouer

Avec la création d'un service public départemental de l'autonomie, le déploiement des équipes locales sur les aides techniques, le droit de visite quotidien en Ehpad ou encore la mise en place d'une cellule départementale anti-maltraitance, la loi pose les jalons d'un véritable "pacte social" en faveur du grand âge. Un pacte auquel le CAJOU Montpellier-Grisettes apporte sa pierre, en montrant qu'il est possible, à travers des réponses de proximité innovantes, de changer concrètement la vie des aînés et de leurs proches. 

Face à l'enjeu du vieillissement, ce type d'initiatives mutualistes à un rôle essentiel à jouer. En proposant un accompagnement global alliant accompagnement personnalisé, prévention de la perte d’autonomie et soutien aux aidants, elles offrent une alternative précieuse entre le "tout domicile" et le "tout établissement". Une voie médiane qui fait écho aux nouvelles possibilités ouvertes par la loi, comme l'accueil de nuit en Ehpad ou le développement de l'habitat inclusif.

Bien sûr, pour que des structures comme le CAJOU essaiment sur tout le territoire, il faudra des financements pérennes et une volonté politique dans la durée.

Plus largement, les textes prévoient une « loi de programmation pluriannuelle pour le grand âge » tous les 5 ans, afin de fixer des objectifs et des moyens dans le temps. Une nécessité pour bâtir un véritable « service public du bien-vieillir », appuyé sur un maillage dense de solutions de proximité.

https://www.whatsupdoc-lemag.fr/page/mutualite-francaise

En attendant, le CAJOU Montpellier-Grisettes géré par la Mutualité Française Grand Sud fait figure de pionnier. Il montre qu'en conjuguant expertise professionnelle et engagement mutualiste, il est possible d'inventer dès aujourd'hui la société de la longévité de demain. Une société où chaque personne âgée, quel que soit son niveau d'autonomie, pourra trouver sa place et s'épanouir. Tel est le défi du bien-vieillir, et la loi du 8 avril 2024 nous donne des raisons d'y croire…

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