La santé à domicile : révolution à venir ?

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La Maison de la Chimie accueillait jeudi 18 octobre la troisième édition du Big Bang Santé du Figaro. Au programme notamment, la place de la santé à domicile, qui se voit bousculée par les nouveaux usages. Un débat utile, des solutions disparates.

« Est-ce qu’on soigne son isolement à domicile ? », souligne Alain Toledano, cancérologue, président de l’Institut Rafaël. Ce jeudi matin, au coeur du VIIè arrondissement de Paris, quatre acteurs du monde de la santé débattent de la place de la santé à domicile. Soigner à la maison, est-ce soigner mieux ? Peut-on tout soigner chez le domicile des patients ?

 

De nombreuses problématiques pour lesquelles un consensus a émergé : la réponse à ces questions viendra. Quand ? Comment ? Le public de la Maison de la Chimie restera sur sa faim. Mais le débat a tout de même permis d’explorer certaines pistes.

 

5,5 millions de patients pris en charge à domicile

 

Isabelle Vitali, en charge de l’innovation chez Sanofi, a rappelé les chiffres : « Une personne sur six en France rentre dans les critères de la maladie chronique, dont 5,5 millions qui sont pris en charge à la maison ». Un nombre de patients important pour lequel il faut proposer des solutions. « Faire 70 kilomètres, attendre 1h30, pour voir son médecin débordé 4 minutes, c’est dommage pour tout le monde », regrette Alain Toledano.

 

En effet, le débat a rapidement muté vers la place du patient dans la prise en charge, chacun des interlocuteurs — VRP d’un jour — essayant de promouvoir sa solution. « Est-ce que je ne vais pas perdre ma relation avec l’équipe médicale ? », s’interroge Nathalie Collin, directrice de la communication et du numérique de La Poste. Le groupe a lancé « La Poste e-santé », application présentée comme un carnet de santé digital et personnel pour tous les patients ayant besoin d’un suivi médical.

 

L’ambulatoire mis en cause

 

La perte de contact avec l’équipe médicale est également pointée du doigt par Laure Guéroult-Accolas, présidente de Patients en réseau — qui a pour but de développer des réseaux sociaux mettant en relation les patients. « Avec le développement de l’ambulatoire, tout s’accélère, le contact avec les soignants s’amoindrit », exprime-t-elle.

Le débat sur la place du soin à domicile fait également une belle part aux déserts médicaux, responsables de l’éloignement du soignant avec son patient. « Il n’y a pas encore de déserts pharmaceutiques : le pharmacien d’officine pourrait palier aux déserts médicaux », propose Isabelle Vitali. Une déclaration qui pourrait en faire tiquer plus d’un.

 

Vers une concurrence des acteurs

 

Et le numérique dans tout ça ? « Peu de gens le savent, mais le groupe La Poste fait partie des plus grands hébergeurs de données de santé, puisqu’il est gestionnaire du Dossier Pharmaceutique », raconte Nathalie Collin. Le postier pourrait-il être un maillon dans la chaîne de soins à domicile ? Le groupe postal aimerait en être, en connectant davantage les équipes médicales et les patients, de l’hôpital au domicile.

 

Une concurrence au Dossier Médical Partagé de l’Assurance maladie ? « Non, répond la dir com, une offre complémentaire ». Si les acteurs publics et privés veulent jouer la concurrence pour proposer la meilleure offre afin d’améliorer la communication autour du parcours de soin, cela pourrait bien profiter au dernier maillon de la chaîne : le patient.

Portrait de Thomas Moysan

 

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