La lutte contre le Sida, vers la pénurie des financements ?

Alors que l’ANRS et REACTing s’apprêtent à fusionner, les associations de lutte contre le sida s’inquiètent que le budget alloué à cette nouvelle structure ne soit que faiblement revalorisé. Un timide financement qui pourrait grever l’efficacité de la recherche contre le VIH.

Le financement de la recherche de lutte contre le SIDA, mis à mal ? C’est en tout cas ce que craignent les associations AIDES et Sidaction qui se sont fendues d’un communiqué inquiétant le 21 décembre dernier.

Et pour cause : à partir du 1er janvier prochain, l’Agence nationale de recherche sur le sida et le consortium REACTing, chargé de la recherche sur les maladies infectieuses émergentes, ne deviendront qu’un. Une nouvelle bien accueillie par les associations de lutte contre le SIDA qui s’inquiètent, pour autant, des zones de flou qui continuent d’entourer son financement.

« Pour une réponse efficace et rapide aux épidémies actuelles et à venir, cette nouvelle agence requiert 76 millions d’euros de subvention d’État dès 2021, soit 36 millions de plus que l’enveloppe dont bénéficie l’ANRS pour la recherche sur le sida et les hépatites », indiquent-elles. Un montant dont elles ne font pour l’heure que rêver. Dans le cadre de la fusion, le gouvernement ne s’est en effet engagé qu’à ajouter deux millions d’euros à l’enveloppe de 40 millions d’euros dont bénéficie déjà l’ANRS pour la recherche contre le SIDA et les hépatites. « C’est super d’ajouter les maladies émergentes au fonctionnement d’une agence qui marche bien, nous indique AIDES. Mais si on essaye de faire plus avec un budget seulement faiblement augmenté, cela risque de poser des problèmes ! »

Les associations de lutte contre le SIDA craignent en effet que cela amoindrisse considérablement le budget initialement prévu pour la lutte contre le VIH. Cela, « alors que cette épidémie est loin d’être terminée », rappelle Florence Thune, directrice générale de Sidaction.

Un ensemble de facteurs qui pousse Sidaction et AIDES à réclamer de la transparence quant à la répartition des financements de cette nouvelle structure, mais également « une augmentation de 36 millions d’euros de la subvention d’État dédiée ». « Ce manque d’ambition risquerait à terme de ne faire que des perdants : la lutte contre le VIH/sida tout comme la lutte contre les épidémies émergentes », alarment AIDES et Sidaction d’une voix commune.
 
Un cri du cœur qui n’a pour le moment pas trouvé d’écho du côté du gouvernement… alors que la fusion sera actée à la nouvelle année.

Portrait de Julia Neuville

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