La Chine et la fin du zéro Covid, des hôpitaux surchargés, des patients non vaccinés…

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Sous un tas de couvertures, allongé sur son brancard, un vieil homme gémit. Dans l’hôpital de Chongqing, ce malade est l’un des nombreux vieillards contaminés par le Covid-19.

La Chine et la fin du zéro Covid, des hôpitaux surchargés, des patients non vaccinés…

© IStock

Ici, dans le centre de la Chine comme dans le reste du pays, le virus progresse à grande vitesse.

Au point que les autorités s'avouent incapables de mesurer le nombre de cas déclarés depuis l'abandon soudain de la politique "zéro Covid" qui a suivi trois années de tests massifs, de confinements et de limitation des mouvements de population.

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken a appelé jeudi 22 décembre la Chine à faire preuve de transparence sur son épidémie de Covid-19 et à donner des informations au reste du monde, tout en renouvelant la proposition de Washington de fournir des vaccins à Pékin.

"C'est très important que tous les pays, y compris la Chine, concentrent leurs efforts dans la vaccination des populations, les tests et les traitements disponibles et, surtout, qu'ils donnent des informations au reste du monde sur ce qu'ils sont en train de vivre car cela a un impact non seulement pour la Chine mais pour le monde entier", a souligné Antony Blinken lors d'une conférence de presse.

Un soignant de l'hôpital de Chongqing explique qu'il prend en charge plus de dix personnes par jour et que 80 à 90% d'entre elles sont atteintes du Covid, "pour la plupart des personnes âgées".

"Beaucoup d'employés de l'hôpital ont été testés positifs au virus, mais il n'y a pas d'autre choix que de continuer à travailler", déplore-t-il.

Le vieil homme sur son brancard a attendu une demi-heure avant d'être pris en charge.

Dans une salle voisine, des médecins visiblement débordés s'occupent de malades eux aussi âgés, pour la plupart atteints du Covid et sous assistance respiratoire.

Des millions de Chinois âgés, les plus vulnérables au Covid, ne sont toujours pas vaccinés.

Pourtant, un changement initié par les autorités chinoises de la méthode de recensement des décès permet à ces dernières de n'avoir signalé aucun mort.

Cette semaine, elles ont fait valoir que seules les personnes directement mortes d'une insuffisance respiratoire étaient désormais comptabilisées et non plus celles contaminées par le Covid mais ayant succombé à une autre maladie.

"Les personnes âgées ont d'autres comorbidités. Seule une petite proportion meurt directement d'une défaillance respiratoire causée par une infection au Covid", précise un responsable.

A l'hôpital de Chongqing, des soignants s'empressent auprès de vieillards, leurs proches ayant du mal à dissimuler leur inquiétude.

Un médecin confirme que l'activité de l'hôpital tourne autour de la gestion des malades du Covid-19, sans plus de précisions.

Beaucoup d’hôpitaux n’acceptent plus de patients quelle que soit la maladie

A l'extérieur, dans les rues de Chongqing, on constate un semblant de normalité avec quelques passants et un trafic fluide.

Des habitants expliquent que la plupart de leurs proches ont déjà contracté le Covid et que beaucoup appréhendent de sortir de chez eux.

"Ces derniers jours, on observe des retours sur les lieux de travail et plus de circulation sur les routes", confie Xiang, un chauffeur de taxi.

"Depuis la réouverture, les commerces ne se remettent pas. Avant il y avait beaucoup de touristes, maintenant il n'y a plus personne. Ils ont peur", regrette-t-il.

Mercredi, dans un petit salon de massage éclairé par des néons dans le quartier d'affaires de Jiefangbei, Zheng, un employé de 21 ans, se plaint de la situation économique désastreuse.

"Chongqing a connu la sécheresse, les vagues de chaleur et une épidémie cette année. ll ne nous manque plus qu'une inondation !", ironise-t-il.

Il confie avoir été contaminé par le Covid ces dernières semaines, plus tôt dans le mois, et avoir cherché dans plusieurs pharmacies des médicaments contre la fièvre.

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"On n'a pas eu d'autre choix que de nous soigner à la maison (...) Beaucoup d'hôpitaux n'acceptaient plus de patients, quelle que soit la maladie", affirme Yang, un autre chauffeur de taxi.

"Nous aurions dû tout rouvrir il y a longtemps", estime-t-il.

Avec AFP

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