Jérôme Cahuzac au bagne ?

L’exil

Condamné en mai dernier pour fraude fiscale et blanchiment de fraude fiscale, l’ancien ministre Jérôme Cahuzac s’est engagé pour un remplacement d’un mois dans le centre de santé d’un village reculé de Guyane.

Exil ? Retraite spirituelle ? Tentative de fuite ? Si Jérôme Cahuzac était un personnage de film, toutes ces possibilités pourraient être envisagées. Après sa condamnation en appel à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, l’ancien ministre pourrait bien avoir des envies de maquis. 

Pour l’instant l’histoire – bien plus terre-à-terre – dit seulement qu’il a été engagé le 2 juillet pour un contrat d’un mois par le Centre hospitalier Andrée Rosemon (Char) de Cayenne, en Guyane. Il y remplira un contrat d’un mois en tant que médecin généraliste, délocalisé dans un centre de santé bien loin de la capitale guyanaise… et encore plus de Paris.

Médecin de brousse

L’information, rendue publique par France-Guyane, a été confirmée par Agnès Drouhin, la directrice du Char. Jérôme Cahuzac se serait ainsi rendu dans une petite commune de moins de 2 000 habitants du Sud-Est de la Guyane, Camopi, non loin de la frontière avec le Brésil. L’histoire dit même qu’il aurait terminé son périple en pirogue, pour le côté romanesque.

Le chirurgien cardiologue, puis plastique, exercera la médecine générale pendant la durée de son contrat dans un petit centre délocalisé de prévention et de soins (CDPS) dépendant du Char. « Je ne connais pas l’ancien ministre, je connais le médecin qui s’est proposé pour faire un remplacement de médecin », a déclaré Agnès Drouhin lors d’une conférence de presse. « J’accueille un médecin qui me permet d’ouvrir le centre de Camopi avec une permanence médicale tous les jours, ce qui n’aurait pas été le cas s’il n’était pas venu ».

La rédemption ?

Pourquoi partir aussi loin ? L’histoire ne le dit pas encore. Sans doute simplement pour se mettre au vert, après un procès très médiatisé. En 2013, le ministre délégué au Budget du Gouvernement Ayrault avait finalement reconnu une fraude fiscale. Sa condamnation à deux ans de prison ferme prononcée le 15 mai dernier lui permet un aménagement de peine, qui sera étudié à l’automne par un juge d’application des peines.

Contacté par la rédaction de France-Guyane, son avocat Éric Dupont-Moretti n’a pas souhaité commenter l’embauche de son client, expliquant qu’il avait « droit à la paix » et qu’il est « propriétaire de sa liberté ». Et sa liberté semble pour l’instant se manifester par un retour aux sources.

Source: 

Jonathan Herchkovitch

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