Iade-Ibode : une journée de grève pour défendre des professions en péril

La première journée spécifique d’action Iade-Ibode s’est déroulée aujourd’hui pour défendre les revendications communes et spécifiques de professions qui craignent une "mort programmée".

Quoi ? Vous n’étiez pas au courant ? Mais, mais, comment ça ? Voyons, c’est aujourd’hui la première journée spécifique d’action Iade (infirmier anesthésiste diplômé d'État)-Ibode (Infirmier de bloc opératoire) ! L’Ufmict-CGT (1), le collectif Inter-blocs et Sud ont appelé les Iade, les Ibode et les IDE (Infirmier diplômé d'État) de bloc à se mobiliser dans tous leurs secteurs pour défendre leurs revendications communes et spécifiques.

Comme les autres salariés, les Iade et Ibode subissent « une multiplicité d’attaques qui obéissent à la volonté du gouvernement de nous perdre dans le labyrinthe des réformes comme celle des retraites pour tout privatiser », martèle le communiqué qui évoque « la mort programmée de nos professions ». Ce qui signifie que, sans une mobilisation massive, « les spécialités infirmières telles que nous les connaissons sont condamnées », estiment les syndicats qui exigent « une rémunération juste à la hauteur de la qualification ».
 
L’avenir des Iade et des Ibode est en effet bien morose, considèrent les trois syndicats. Car, « à coup de protocoles de coopérations et de nouvelles professions, le champ d’exercice des infirmier.e.s spécialisé.e.s est et sera de plus en plus rogné par d’autres professionnel.le.s. »

Professions concurrencées  

Selon eux, la formation des infirmiers spécialisés sera à court terme « concurrencée par d’autres formations moins contraignantes, plus polyvalentes et compatibles avec le maintien de l’activité professionnelle : c’est tout bénéfice pour les employeurs ».
 
D’où l’importance de défendre les qualifications, le niveau de ces formations et les domaines d’exercices spécifiques et/ou exclusifs de ces métiers, selon les syndicats qui estiment qu’il est « temps de récupérer la reconnaissance de la pénibilité » de leur exercice.
 
Enfin, les soignants sont les professionnels les plus exposés aux critères de pénibilité et les plus impactés par ceux-ci, selon une étude de la Dares et une enquête Odoxa. Mais voilà que l'on propose aujourd’hui aux Iade et Ibode de « changer de métier », estime les syndicats qui concluent :
 
« Peut-on imaginer plus méprisant et inadapté ? Allons-nous encore laisser perdurer tant d’injustices aux dépens de nos professions pourtant dediées aux autres ? Allons-nous continuer à subir le mépris et les attaques sur tous les fronts ? »
 
(1) Union fédérale Médecins, ingénieurs, cadres, techniciens

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