Gouvernement : le casting du futur ministre de la Santé

Emmanuel Macron s’installera bientôt à l’Elysée. Dans son bureau, le Président va enchaîner les castings pour son futur gouvernement. What’s up Doc a cherché la meilleure voix pour s’installer au ministère de la Santé.

Hippocrate a poussé un ouf de soulagement hier soir. Le candidat d'En Marche ! Emmanuel Macron l'a largement emporté face à Marine Le Pen au second tour de la Présidentielle 2017. Le monde de la santé qui s'était unanimement prononcé contre le Front National (FN) n'a désormais plus qu'une seule envie : connaître l'identité du futur ministre de la Santé !

Le casting pour recruter la voix qui s’installera avenue Duquesne (Paris) est sans doute déjà lancé. La rédaction de What’s up Doc (WUD) vous présente les candidats qui défileront sûrement dans le bureau présidentiel. This is the Voice !

Olivier Véran, la voix du favori

Sans nul doute, le Dr Olivier Véran est celui que tout le monde pressent pour être nommé à ce ministère. Désigné officiellement porte-parole santé d’Emmanuel Macron pendant la campagne, il a, malgré ses 37 ans, une longue expérience politique. Ex-député PS de l’Isère, aujourd'hui candidat aux législatives 2017 sous l’étiquette En Marche !, il fut le rapporteur du volet "promotion et prévention" de la loi Santé. Aussi neurologue au CHU de Grenoble, il connaît donc très bien les professionnels de santé. Point faible, il est pour de nombreux libéraux l’un des défenseurs de la loi Touraine qui a généralisé le tiers payant. Attention M. Véran, il faudra ainsi trouver les mots justes pour parler avec la CSMF, la FMF et les autres syndicats… Mais pour le jury présidentiel c'est un vote vert quasi unanime.

Jérôme Salomon, une voix qui rassure

Ex-conseiller en charge de la sécurité sanitaire au cabinet de Marisol Touraine, le Pr Jérôme Salomon a quitté ses fonctions en juin 2016. C’est un habitué des coulisses du pouvoir puisqu’en mars 2001, il avait déjà été nommé conseiller technique "encéphalite spongiforme bovine" (ESB) au cabinet du ministre délégué à la santé, Bernard Kouchner. Un poste qu'il a occupé jusqu'en mai 2002. Mais Jérôme Salomon est surtout un as de la santé publique, ancien président du Syndicat national de ces spécialistes (SNSP) de 2007 à 2010. Bref, une voix qui rassure pour Emmanuel Macron. Seul bémol, il reste peu connu du grand public. Un manque de notoriété peut-être dommageable pour un ministère dans lequel les patients veulent prendre toute leur place.

Didier Tabuteau, la voix de l'expert

Et justement en matière de démocratie sanitaire, on ne présente plus Didier-Roland Tabuteau, l'auteur de la loi Kouchner sur les droits des malades de 2002. Il est aujourd'hui responsable de la Chaire Santé de l'Institut d'études politiques de Paris et co-directeur de l'Institut Droit et Santé. Lycée Louis-Le-Grand, polytechnicien, mais aussi énarque, ce CV impressionnant lui vaudra de diriger le cabinet de Bernard Kouchner au ministère de la Santé à deux reprises. Claude Évin et Martine Aubry feront aussi appel à ses services. Seule ombre au tableau, il fut directeur général de l'Agence du médicament (ANSM) jusqu'en 1997. Il était donc en poste à des dates clés de l’affaire du Mediator, mais n’a jamais été inquiété par les enquêteurs. Une voix trop technocrate pour Emmanuel Macron ?

Jean-Jacques Mourad, une voix au oubliettes ?

Les temps sont durs pour l'interniste Jean-Jacques Mourad. Un temps annoncé comme favori au ministère de la Santé, il semble désormais tricard en politique. Le collectif Formindep l’a en effet épinglé récemment en dévoilant qu’il avait réalisé, en 3 ans, plus de soixante prestations rémunérées par les laboratoires Servier. « Dans le but de ne pas jeter un soupçon illégitime sur le mouvement, je mets un terme à mon engagement auprès d’Emmanuel Macron », avait conclu immédiatement le principal intéressé. Dans le staff du candidat d'En Marche !, on ne cachait pas qu’il avait surtout été poussé vers la sortie. Bref, cette voix est peut-être déjà aux oubliettes...

Claude Évin, une voix qui prévient 

Avocat de formation, le socialiste Claude Évin est un expert de la prévention. On retient de sa carrière politique son passage remarqué au ministère de la Santé sous François Mitterrand. Pendant ces années, il a mis en place les premières actions de lutte contre le tabac et l'alcool. C’est grâce à la « Loi Évin » qu’est aujourd’hui interdit l'affichage de leur publicité, la vente de ces produits aux moins de 16 ans, et l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Pour tous les défenseurs de santé publique, l’année 1991 est une date à marquer au fer rouge. Président de la FHF entre 2004 et 2009, il est devenu ensuite directeur général de la toute nouvelle ARS d'Île-de-France. Les derniers (arrivés dans l'équipe Macron) seront-ils les premiers servis ? Dans ce cas, il s'agirait d'une voix audacieuse... 

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Enfin, d’autres noms circulent pour l'avenue Duquesne (Paris), mais moins probables vraisemblablement. C’est le cas du sénateur des Bouches-du-Rhône (13) Michel Amiel (médecin), du Dr Philippe Denormandie (chirurgien) ou encore du Pr Guy Vallancien, président de la Convention on Health Analysis and Management (CHAM). 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Portrait de Bruno Martrette-Gomez

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