"Raoult n’est PAS infectiologue, vous pouvez choisir cette spé" , pour Nathan Peiffer-Smadja

Dans l'optique du choix des spé et des établissements suite aux #ECNi2020, WUD lance une série d'entretiens avec des responsables de syndicats d'internes, pour vous faire découvrir les différents DES et régions qui s'offrent à vous. Aujourd'hui, entretien avec Nathan Peiffer-Smadja, coordinateur RéJIF (Réseau des Jeunes Infectiologues Français), qui défend un DES très axé sur la mobilité à l’international. 

 

What’s up Doc. Pourquoi tu kiffes ta spé ?

Nathan Peiffer-Smadja. Il y a beaucoup de raisons. C’est une spé systémique, qui ne se restreint pas à un organe et qui permet de voir beaucoup de pathologies différentes: de l’endocardite aux infections des tissus mous par exemple. Donc il y a une très grande diversité. C’est une spé qui englobe les maladies tropicales, avec beaucoup de pathologies de retour de voyage. Il y a la possibilité d’aller travailler à l’étranger, ou de participer à des projets humanitaires, donc beaucoup d’internes partent. Moi, j’ai été en Guinée pendant Ebola, et je fais une thèse en Angleterre. Il y a une vraie possibilité d’ouverture à l’international. C’est une spé qui est très intéressée par les populations migrantes et précaires. On voit des gens qui ont des problématiques médicales mais aussi sociales. Donc on a beaucoup de contacts avec les autres professions du monde médical et social ; des assistantes sociales, etc. Autre chose, nous avons une super ambiance. C’est une spécialité qui a l’habitude de se réunir régulièrement, avec des journées où il y a tous les infectiologues, avec un bon réseau de jeunes. On s’entend tous très bien et on s’éclate pas mal tous ensemble.

Par exemple, dans les dix menaces sanitaires qui sont dressées par l’OMS en 2020, six menaces sont liées aux maladies infectieuses et tropicales

WUD. Mais alors… Plutôt glow up ou glow down ?

N. P-S. Plutôt glow up, si le message est de dire qu’elle brille ! C’est vraiment une spécialité, qui est au centre de l’attention. C’est une spécialité, on va dire d’avenir, avec les pandémies que l’on sera amené à rencontrer plus tard. Par exemple, dans les dix menaces sanitaires qui sont dressées par l’OMS en 2020, six menaces sont liées aux maladies infectieuses et tropicales : la tuberculose, le VIH, l’antibiorésistance, les maladies comme la dengue. Donc c’est up, et on va dire qu’on va avoir besoin d’infectiologues, et encore plus dans les années à venir.

WUD. Un petit conseil pour les futurs internes ?

N. P-S. Le premier semestre, on va soit en médecine interne, soit en maladie infectieuse. Donc ça c’est vraiment bien pour débute,r puisque c’est une spécialité transversale. On est habitué à prendre en charge tous les problèmes d’un patient. On essaye de s’intéresser au motif d’hospitalisation mais aussi aux autres maladies qui coexistent. Il faut vraiment garder un esprit assez interniste, assez globale et intégrer tous les problèmes d’un patient. Y compris le problème social, le retentissement psychologique et les aspects familiaux. Donc vraiment garder l’esprit ouvert et ça devrait le faire !

Je pense que le plus gros avantage c’est l’ouverture à l’international, et l’ouverture à énormément de professions.

WUD. C'est quoi les avantages ?

N. P-S. Des avantages, y en a énormément. On en a déjà parlé, mais je pense que le plus gros avantage c’est l’ouverture à l’international, et l’ouverture à énormément de professions. Bien sûr, il y a la pratique hospitalière dont on a l’habitude, qu’elle soit en hôpital public ou bien en libéral. Mais il y a aussi la possibilité de travailler à l’OMS, qui cherche très souvent des infectiologues. Des postes sont aussi proposés dans les ONG et les ARS aussi, par exemple. Il y a énormément de structures qui ont besoin d’infectiologues, et ça risque encore de s’accentuer. Un autre avantage majeur, c’est vraiment l’ambiance qui est excellente, avec un réseau de jeunes extrêmement structuré. C’est pas une grosse spécialité, il y a une cinquantaine de postes par an en France. On a un séminaire d’accueil, où les internes sont présents physiquement et se rencontrent lors de de leur premier semestre.

WUD. Et les inconvénients ? 

N. P-S. C’est une spécialité de salle, donc en général on a pas mal de patients, beaucoup de travail et ça demande une certaine implication. Comme toutes ces spécialités, on a les gardes aux urgences qui s’ajoutent à l’activité de salle classique. Donc ça peut être assez fatiguant d’enchaîner une garde aux urgences après une journée de salle assez lourde. Donc on peut avoir des semestres un peu lourds, mais tout ça dans un accompagnement important, Et avec le réseau des jeunes infectiologues, on fait en sorte que tout se passe au mieux.

WUD. Une petite histoire à raconter ? 

N. P-S. En fait, là j’ai surtout envie de raconter l’actualité avec la Covid. J’ai envie de rassurer tout le monde : Didier Raoult n’est PAS infectiologue, il est microbiologiste. Donc vous pouvez choisir cette spécialité sans crainte.


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