Devenir fellow : le pourquoi du comment

Littéralement, le fellowship est un compagnonnage que l’on pourrait assimiler À un clinicat. C’est une étape quasi obligatoire pour les « résidents » canadiens ou américains après leur internat.

Traditionnellement, le fellowship est volontiers centré sur un domaine d’hyperspécialité, moins généraliste qu’un clinicat, et réalisé sous la gouverne d’un mentor.

Chez nous, il était jusqu'ici plutôt réservé à ceux qui suivent un cursus universitaire… Mais le fellowship tend aujourd’hui à se démocratiser et, pour peu d’avoir une bourse, pourrait devenir un incontournable de notre formation pour allier développement de compétences et ouverture d’esprit à l’étranger…

 

/// POURQUOI FAIRE UN FELLOWSHIP ?

 

Bien des raisons existent pour se laisser tenter. En fonction des terrains visés, les sollicitations ne manquent pas.

 

Au menu des motivations, le fellowship peut nous apporter :

 

• initiation et perfectionnement en matière de recherche clinique ou fondamentale;

• hyperspécialisation dans un domaine précis (clinique ou scientifique) en collaboration avec des équipes internationales de référence;

• acquisition d’expériences médicales dans un système de soins différent;

• expérience internationale, pratique de langues étrangères;

• enrichissement personnel, ouverture d’esprit…

La liste est longue! Et au-delà de ce qui nous attire, l’épanouissement personnel et professionnel est quasiment toujours garanti.

 

/// OÙ PARTIR ? COMMENT CHOISIR ?

 

Le point de chute dépend souvent de ce qu’on recherche… et de la manière dont on le trouve. Soit, façon cocon, c’est notre patron qui annonce : « Ma fille, ce stage en Oklahoma te fera le plus grand bien! »… Attention, gare aux faux plans! Soit, façon vieux routard, de connaissance en débrouille, on trouve un contact à l’étranger prêt à nous accepter, surtout si c’est « charge free » évidemment… Money is money!

 

Une astuce quand même : quand on traque un mentor, il est souvent très efficace d’écrire, via leur e-mail, aux « corresponding authors » des papiers de l’équipe visée. En effet, l’interlocuteur dont l'e-mail est directement sur PubMed est souvent celui qui sera le plus à même de nous répondre rapidement!

 

Enfin, pour ceux d’entre nous qui privilégierons le pays plus que le centre hospitalier, finalement, le Guide du routard sera sans doute le plus approprié pour se décider!

 

/// ALORS, POURQUOI PAS LE QUÉBEC ?

 

En effet, il répond justement à toutes ces possibilités. Concrètement, il existe 4 universités de médecine au Québec, situées : à Québec (Université Laval), Sherbrooke et Montréal (Université De Montréal et Mc Gill University).

 

Toutes ces universités sont constituées de centres cliniques et de recherche de référence.

 

Ce sont donc de très bons spots, avec un excellent équilibre entre influence dynamique de travail nord-américaine et habitudes culturelles et linguistiques assez proches, de prime abord, de notre vieux continent. Et en bonus, l’immersion anglophone complète s’envisage aussi en travaillant à l’université McGill, ce qui peut être un excellent compromis pour ceux d’entre nous qui cherchent à devenir « fluent » plus rapidement sans vouloir pour autant aller aux États-Unis.

 

Deuxième point favorable majeur, la reconnaissance bilatérale de nos diplômes grâce à l’entente franco-québécoise de 2009. Et ça, c’est vraiment THE avantage!

Alors que pour exercer aux States, il faut affronter les exams des USMLes, pour l’ensemble du Canada c’est plus simple : pas la peine de retourner bachoter, nos diplômes sont automatiquement reconnus et respectés.

What else?

 

/// COMBIEN DE TEMPS RESTER ?

 

La durée moyenne du fellowship dépend avant tout de notre projet, de nos financements, de notre cursus professionnel et, bien sûr, de nos obligations personnelles et familiales. À ne pas négliger car c’est finalement très souvent le facteur le plus important dans les choix de carrière.

 

Quoi qu’il en soit, la durée minimale conseillée est de 1 an. Imposée par la plupart des équipes, elle se justifie totalement par le délai nécessaire d’adaptation aux nouvelles conditions (équipes, langue, matériel, projets, administration…). Il faut, en effet, bien compter un trimestre avant de se sentir à l’aise dans ce nouvel environnement pour développer un embryon de réseau pro et se mettre à l’œuvre efficacement.

 

Une année entière passe en fait très vite. Et nombre de fellows restent 2 ans consécutifs,  assurant ainsi plus de confort et d’envergure à leur implication.

Et côté introspectif, l’effort individuel que demande la mise à place de son fellowship semble mieux rentabilisé en prenant davantage de temps pour s’installer.

 

/// PRÉREQUIS POUR DEVENIR UN FELLOW

 

• Thèse d’exercice - indispensable.

• Thèse de science - non nécessaire.

• DES / DESCQ - indispensable.

• Bourse - recommandée.

• CV à jour - indispensable.

• Lettre de motivation solide indispensable.

• Lettre de recommandation indispensable.

Et un bon conseil pour réussir : ténacité avant le départ et souplesse à l’arrivée !

 

 

Alors, ready to sign in a Canadian fellowship?

Portrait de La rédaction
article du WUD 11

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