Des montres connectées distribuées aux collégiens de la Sarthe pour lutter contre la sédentarité. Quelle drôle d'idée !

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Pour "lutter contre la sédentarité" et "favoriser l’exercice physique", la distribution de montres connectées dans les collèges de la Sarthe ne fait pas l'unanimité chez les parents d'élèves.

Des montres connectées distribuées aux collégiens de la Sarthe pour lutter contre la sédentarité. Quelle drôle d'idée !

© IStock 

La Sarthe est le premier territoire à mettre en place cette expérimentation, dont l’un des points phares est la distribution de montres connectées aux 8 000 collégiens scolarisés chaque année en sixième.

"Nous avons rejoint les discussions il y a huit ou neuf mois. Nous nous sommes demandé comment donner à l’élève les moyens de pratiquer une activité physique quotidienne, tout en prenant en compte la problématique des 11-17 ans, qui souffrent de sédentarité au niveau national", a indiqué à l’AFP Anthony Trifaut, président de la commission en charge de la jeunesse et des collèges du conseil départemental de la Sarthe, qui collabore sur ce projet avec l'Union nationale du sport scolaire et secondaire (UNSS).

La phase expérimentale, débutée en juin dernier, concerne pour l’heure sept des 75 collèges du département. Elle devrait prendre fin "courant novembre" puis s’étendre à l’ensemble des établissements sarthois avant la fin de l'année.

"On a pensé que c’était un outil innovant. C’est dans l’air du temps. La jeunesse a besoin de challenge et de se dépasser", a ajouté Anthony Trifaut, soulignant que l'expérimentation repose sur le volontariat des élèves et des familles.

Mais selon François Perrignon de Troyes, président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) de la Sarthe, l’accueil est davantage mitigé au sein des familles. Conscientes de l'enjeu de santé publique, c’est l’appareil qui interroge et son aspect "ultra connecté".

"Quel est l’apport de cet objet ? C’est un gadget", a-t-il estimé. "D’accord, l’objectif est de donner du plaisir aux enfants mais on n’a jamais remplacé des professeurs par des logiciels".

"L’Education nationale a une application qui s’appelle « Tous en forme »"

Le conseil départemental, de son côté, tempère : "c’est un outil qui permet aux élèves de se prendre en main. Lui seul aura accès à ses données et les interprètera", rassure Anthony Trifaut, ajoutant que seules les données recueillies lors de cours collectifs pourraient faire l'objet d’analyses.

"L’Education nationale a une application qui s’appelle « Tous en forme ». C’est au travers cette application-là, lorsque les cours d’EPS seront dispensés aux élèves du programme, que des données seront retransmises à l'application, de manière anonyme et collective", a-t-il expliqué.

"La montre est d’avantage connectable que connectée. L'élève pourra la connecter s'il possède son propre smartphone et souhaite le faire. Il peut la porter quand il le souhaite : le jour, la nuit ou l’enlever pendant une semaine s’il le veut", précise l'élu.

Dans la Sarthe, département labellisé "Terre de jeux 2024", une distinction décernée aux territoires favorisant l'activité sportive, ce projet s'inscrit dans un vaste programme intitulé "sport santé", lancé par l'UNSS départemental en collaboration avec l’Éducation nationale.

L’agence nationale de sécurité sanitaire et alimentaire nationale (Anses) avait alerté fin 2021 sur l’inactivité et la sédentarité des jeunes. Selon elle, 66% des 11-17 ans font face à "un risque sanitaire préoccupant caractérisé par le dépassement simultané des deux seuils sanitaires : plus de 2h de temps d'écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour".

Contactés, la direction académique et les établissements concernés n'ont pas souhaité s'exprimer sur ce programme.

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