Dernière année de MG dans les déserts médicaux : les doyens toussent

Le Sénat a adopté un amendement choc : contraindre les étudiants en troisième année d’internat de réaliser un an de stage dans un désert médical, en autonomie. Les doyens des facultés de médecine n’ont pas tardé à exprimer leur désaccord total avec cette décision.

Les doyens à la rescousse des internes. Ce jeudi 6 juin, la conférence des doyens de facultés de médecine a publié un communiqué, critiquant l'amendement du 4 juin au Sénat : celui qui contraint les internes de troisième année à exercer en autonomie dans une zone médicalement sous-peuplée a été adopté. De nos jours, le sujet des déserts médicaux est omniprésent, mais les votes des sénateurs visent à résoudre ce problème. En tout cas c'est ce qu'ils croient. Les doyens, eux, déplorent « une offre de soins dégradée ».

Un interne reste un étudiant

L'amendement prévoit que les internes soient en autonomie dans des zones médicalements sous-peuplées. Les doyens relèvent deux problèmes à cette mesure. D'abord, l'interne n'est pas un médecin, il est encore en formation. La Conférence de doyens affirme qu' « ils n'auront pas acquis l'ensemble des compétences permettant de garantir la sécurité des soins ». Ensuite, ces zones où l'accès au soins est moins développée sont souvent des zones rurales or, et la conférence le souligne, « L'exercice médical dans des zones sous-médicalisées est certainement l'une des pratiques les plus complexes et les plus contraignantes »

La Conférence des doyens rappelle « qu’elle s’est engagée pour que les études médicales préparent mieux les jeunes médecins aux enjeux de demain ». Et pour cela, elle propose un nouvel amendement au projet de loi santé qui permettrait aux étudiants de partir après la fin de leur formation, s’ils en ont envie, dans les zones désertées et de le faire dans des conditions socio-professionnelles optimisées. 

Portrait de Angela Herrmann

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