Classement des spécialités 2019 : l’allergo regarde vers le futur

Jeune spécialité issue de la R3C de 2017, l’allergologie est pourtant très prometteuse, même si elle est arrivée en 37e position cette année dans notre classement des spécialités 2019-2020, contre 35e l’année dernière. Interne dans cette spé, Noémie Worbe nous vante ses qualités, diverses et variées.

Noémie Worbe était partie pour choisir pneumologie ou pédiatrie. Mais, au moment de faire son choix de spécialité, l’idée de choisir « allergologie » a refait surface dans son esprit. « J’avais decidé de suivre un optionnel allergologie pendant l’externat durant six mois. Les cours étaient très théoriques, ce n’était pas aussi parlant qu’une vraie pratique clinique, mais il y avait pas mal de choses qui rejoignaient la pédiatrie et la pneumologie. »
 
Pour en avoir le cœur net, elle est partie à la rencontre des médecins d’un « gros service d’allergologie » : celui de l’hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois (93). Sur place, elle découvre une spécialité « beaucoup plus variée et clinique que je ne l’imaginais. On faisait à la fois les adultes et les enfants, les allergies respiratoires et dermatologiques, mais aussi les allergies médicamenteuses ou alimentaires », raconte l'interne de 24 ans.

En pleine expansion

 Noémie Worbe est sortie de sa « visite » avec la conviction qu’« il y a tout à faire en allergo car c’est une spé tout récente (entrée en vigueur à la rentrée 2017 dans le cadre de la réforme du troisième cycle, NDLR) en pleine expansion. J’ai notamment découvert que 20 à 30 % de la population était allergique actuellement ». Quant à l’OMS, elle estime que 50 % de la population mondiale sera affectée par au moins une maladie allergique en 2050.
 
Autre point fort de cette spécialité : la possibilité de cumuler activité hospitalière et activité en libéral : « Je ne voulais pas être bloquée à 100 % par le libéral ou l’hospitalier, donc c’est quelque chose qui m’a pas mal attirée dans cette spé. À l’avenir, je pourrai par exemple opter pour un exercice mixte, faire des consultations dans un cabinet en ville tout en exerçant à l’hôpital pour les prises en charge les plus techniques de l’allergo : désensibilisation aux venins d'hymenoptères et tests cutanés, tests de provocation orale (aliments et médicaments)… »

Promotions à taille humaine

Notre interne apprécie également les promotions à taille humaine de l’allergo : « 28 internes par promo, un par ville, voire deux pour les grandes villes comme Paris, Lyon ou Marseille. On a donc une place privilégiée et on peut échanger facilement entre nous car on est peu nombreux. » C’est aussi « l’excellente ambiance dans la promo », l’impression d’être « dans un cocon » qui a plu à Noémie qui a été « hyper bien accueillie » par les deux allergologues de la ville de Rouen où elle effectue son internat.
 
Pourquoi Rouen ? Parce que le CHU de la ville en question a ouvert en janvier 2018 un « service 100% allergologie », ce qui n’est pas encore le cas de nombreuses villes, car il s’agit d’une spé' récente. Cerise sur le gâteau, elle aura la possibilité de faire des CO-DES en 1re année : « 3 spés ont trois cours en commun : médecine interne, maladies infectieuses et allergologie ». L’interne sait donc qu’elle « ne se cantonnera pas à l’allergologie », d’autant plus qu’elle pourra faire des stages en dermatologie, en pneumologie ou en pédiatrie durant son internat.
 
Ok, ok, c’est très bien tout ça. Et la thunasse alors ? En effet, d’autres spés offrent des perspectives nettement plus juteuses aux futurs médecins... Réponse de l'intéressée : « Les allergologues n’ont pas l’air mécontent en termes de salaire. Notamment parce qu’on peut s’inscrire en secteur 2 dans le privé, tout en travaillant en parallèle à l’hôpital ».
 
Un hôpital qui devrait dans les années à venir rechercher de plus en plus de profils comme le sien. « À Rouen, dans le service d’allergologie, il y a un an et demi d’attente pour prendre en charge les patients... » En effet...
 

Portrait de Julien Moschetti

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