«Chez Pierre-Fabre il faut bien sélectionner les projets d’e-santé, on en a en permanence 15 en développement»

Olivier Siegler - Pierre Fabre

Une appli pour le suivi des mélanomes, une autre pour déstresser les patients, une base de connaissance pour les dermatos, un diagnostic de défaillance urinaire à distance, Pierre-Fabre développe des services et outils numériques pour la santé, avec Olivier Siegler, responsable Systèmes et Réseaux, à lui de choisir

« On a en permanence 15 projets en développement. La e-santé est un domaine très vaste. Cela devient vite foisonnant, d’où l’importance de bien sélectionner les projets ». Le foisonnement en agroalimentaire, c’est l’opération qui consiste à incorporer de l’air entre les particules de crème liquide pour fabriquer une onctueuse crème glacée qui se tient. Olivier Siegler, ingénieur agronome de formation initiale et aujourd’hui responsable Systèmes et Réseaux chez Pierre-Fabre, jongle entre des idées de services ou outils numériques pour la santé qui émanent de toute part.

« Des sujets autour du patient, on travaille sur des applications en lien avec les médicaments mais au-delà du produit lui-même. On n’a pas le droit de promouvoir le produit avec le médicament. Il y a toujours une question de limite. Et aussi, jusqu’où le médecin peut-il entrer dans le parcours de soins ? Prenons par exemple l’application Tavie avec une start-up canadienne sur le mélanome. L’idée est d’augmenter le taux de survie de patients traités par immunothérapie. Le médecin propose des questionnaires sur les effets secondaires, sur la qualité de vie, délivre de l’information aux patients. Cela permet de les aider à suivre l’observance du traitement, tout en récoltant des données pour l’améliorer. » 

Au début, les solutions innovantes naissaient dans le cadre de hackathons où tous les acteurs étaient réunis : ceux qui pourraient avoir des besoins, des solutions, des problèmes à résoudre, des idées. Aujourd’hui, ce n’est plus nécessaire. Son équipe fait plutôt du screening de start-up autour d’attentes médicales très précises, avec quelques personnes en veille sur chaque thématique. Un travail très en amont avec les directeurs médicaux pour faire émerger des besoins précis et bien cibler les sujets. 

C’est intéressant d’avoir l’école ISIS à proximité, cela permet d’échanger avec les étudiants

« Du côté des professionnels de la santé, on a des modèles de développement variables : pour les dentistes, on a mis au point HypnoVR avec une société partenaire : un outil de réalité virtuelle qui déstresse les patients avant une intervention. La société vend l’application aux dentistes. Eux, la proposent gratuitement à leurs patients. » Autre montage avec les dermatologues. Dans le service Dermaweb, c’est Pierre-Fabre qui a investi et offre gratuitement l’application aux spécialistes et aussi aux généralistes.

Deux niveaux de service : un accès à une large base de connaissances et une expertise à distance sur des questions précises. En back-office, plus de 40 key opinion leaders et experts sont impliqués. « On travaille aussi avec des textiles connectés, comme en urologie par exemple. On a un projet de diagnostic des défaillances urinaires à distance, grâce à un vêtement connecté qui remplace un examen invasif de 2 ou 3 jours en hôpital. Cela ouvre des perspectives ! »

« On est aussi sur des solutions numériques avec de l’intelligence artificielle, comprenant l’aide au diagnostic sur les images radio. Sur des projets en cybersécurité également. C’est intéressant d’avoir l’école ISIS à proximité. Cela permet d’échanger avec les étudiants. Et cela va dans les deux sens ! »

Portrait de Valérie Handweiler

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