Aurélien Simon, pneumologue : À Clermont-Ferrand, l’unité Covid a encore du souffle

Aurélien Simon, pneumologue, est chef de l’une des Unités Covid du CHU de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Peu mis en avant durant la crise sanitaire, sa spécialité participe pourtant à l’offensive contre la pandémie. Un quotidien qu’il a accepté de nous raconter.

Cela fait plus d’un an que Aurélien Simon est sur le front. Depuis novembre dernier, ce pneumologue, qui entame sa onzième année de médecine, encadre même l’une des trois unités Covid du service de pneumologie de l’hôpital de Clermont-Ferrand. Un rôle de premier plan dont ce docteur depuis un an ne se lasse pas. « On ne s’ennuie pas du tout, il y a beaucoup de choses à faire », confie le jeune professionnel. 

Une accalmie après la tempête

À l’instar du reste du territoire, l’Auvergne, elle aussi, a été balayée par les vagues successives de la Covid. Actuellement, le taux de tension hospitalière de la région s’élèverait à 119 %. Un taux important qui fait écho à celui de l’incidence qui s’élève à 296 pour 100 000 habitants. Le taux de reproduction du virus, quant à lui, plafonne à 0,88. Des chiffres qui ne parlent pas à Aurélien Simon. « Ça dépend plus de l’organisation de la structure locale, indique-t-il. Cette semaine, c’est plus calme. Nous avons moins d’entrées par jour ». Une période de respiration bienvenue après avoir traversé des semaines difficiles. « La semaine dernière, nous avons lancé un plan blanc ». Comprendre : un service de neurologie mobilisé pour accueillir des patients Covid stable, des déprogrammations en chirurgie, des salles de réveil de nouveau dédiées à la pandémie… « Sur nos 26 lits en pneumologie, nous devions faire dix-sept lits Covid, détaille-t-il. Mais cette semaine, nous parvenons à avoir des lits de libre toute une nuit »

« La Covid nous a permis d’avoir un peu plus de ressources »

Peu mis en lumière depuis le début de la crise sanitaire, la pneumologie fait pourtant partie des premières lignes de front. « Si un malade passe par notre unité, cela va augmenter ses chances d’éviter la réanimation », rappelle simplement le pneumologue. Et d’ajouter : « Nous avons la capacité de récupérer en pneumologie des malades qui ont des débits d’oxygène importants. Cela permet de diminuer la tension sur la réanimation ». Un rôle crucial qui pousse Aurélien Simon à rappeler l’importance de correctement doter sa spécialité. « C’est important que nous ayons autant de moyens qu’en réanimation », assure-t-il.

Une exigence opérationnelle qui n’a pas toujours été respectée… « Actuellement, nous arrivons à avoir un infirmier pour six malades. Quand on a commencé, c’était plus un infirmier pour dix-onze malades », se remémore le chef de l’unité Covid. Un manque de bras qui s’est durement répercuté sur le moral des troupes. « Nous avons eu beaucoup d’arrêts de travail. Des situations de burn-out compliquées notamment. » Et Aurélien Simon de préciser : « La pneumologie accuse beaucoup de départs de médecins… Notre spécialité est dans une situation assez précaire. Finalement, la Covid nous a permis d’avoir un peu plus de ressources »

Après la tempête, c’est d’ailleurs l’apaisement qui semble régner dans leurs rangs. « Nous avons eu beaucoup de renouveau. Une nouvelle cadre, un nouveau chef de service, un personnel infirmier plutôt jeune… On a une équipe formidable, témoigne le responsable. Et les internes, en fin de semestre, sont au pic de leur talent ». Un ensemble de facteurs qui permet au chef de l’Unité Covid du CHU de Clermont-Ferrand d’affirmer que, oui, « le moral est bon ».

Prévenir les formes graves par l’activité sportive

Malgré sa bonne humeur, Aurélien Simon souhaite pousser un coup de gueule. « Il est temps de parler sans langue de bois du profil de nos malades en général », indique-t-il. Dans les rangs de forme grave de la Covid, les personnes souffrant de surpoids, de « manque de muscles », d’hypertension, ou encore de diabète arrivent en tête du peloton. Une caractéristique, répétée et martelée par les professionnels de santé depuis le début de la crise sanitaire, qui ne semble pas être prise en compte dans les décisions politiques. « En parallèle de ces profils métaboliques à risque, on ferme les salles de sport et on empêche les gens de faire de l’activité physique », s’agace le pneumologue. Pour lui, pas de doute : de nombreuses formes graves de la Covid-19 auraient pu être évitées si l’activité sportive avait été valorisée. « S’ils n’avaient pas pris de poids, il y a peut-être des milliers de personnes qui auraient eu un Covid moins sévère, voire asymptomatique », assure-t-il.

 

Portrait de Julia Neuville

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