Anesthésistes vs réanimateurs : la guerre des chiffres

Trop ou pas assez de postes ?

Face à la polémique qui déchire anesthésistes et réanimateurs autour du futur de leur formation, le ministère tente une concertation. Les principaux intéressé, eux, campent sur leurs positions et continuent de s'envoyer des chiffres divergents à la figure.

Les anesthésistes feront-ils la paix avec les réanimateurs ? C’est en tout cas le vœu de la direction générale de l’offre de soins (DGOS) qui ouvrira, mi-février, un cycle de concertation rassemblant les anesth-réa, les réanimateurs, l’Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDP) et le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom). Le but : calmer la polémique provoquée par la création du co-DES « anesthésie réanimation/médecine intensive-réanimation » (DESarmir). Retour sur les différentes forces en présence.

D’un côté, il y a les anesthésistes-réanimateurs qui estiment le nombre (97) de postes d’internes attribués pour la prochaine rentrée à la médecine intensive-réanimation (MIR) exagéré. Craignant pour l’avenir et l’unité de leur profession, ils ont manifesté leur mécontentement à plusieurs reprises. De l’autre, les MIR ont publié, fin janvier, un communiqué de presse en réponse aux anesth'-réa. Leur message est clair : non, ils ne seront pas trop nombreux.

« Certaines craintes sont exagérées »

« Il était important de réagir face à un certain nombre de craintes exagérées », affirme le Pr Pierre-Edouard Bollaert, réanimateur et président du Conseil national professionnel de médecine intensive-réanimation (CNP-MIR). « Nous ne pensons pas que l’anesthésie-réanimation, qui conserve le même nombre de postes d’internes, soit menacée par les MIR. » Pour lui, le nombre de MIR serait même trop faible. « Notre estimation était de 150 postes, mais les tutelles ont considéré ce nombre comme excessif », explique-t-il. « Pourtant, une soixantaine de poste de PH restent vacants dans les services de réanimation. »

Le réanimateur relativise le faible nombre de nouveaux réanimateurs inscrits à l’Ordre en réanimation médicale, pointé du doigt par les anesth'-réa pour montrer que les besoins de MIR sont faibles. « La très grande majorité des réanimateurs sont issus d’autres formations, et ne déclarent pas cette spécialité qualifiante à l’Ordre », indique-t-il. Il y aurait donc d'après lui plus de réanimateurs qui exercent que d’inscrits.

Des chiffres contestés

Pas sûr que ces arguments suffisent à calmer les anesth'-réa, qui continuent à contester les chiffres. À la suite d’une rencontre avec la DGOS en janvier dernier, le Syndicat national des jeunes anesthésistes-réanimateurs (SNJAR) regrettait « l’impuissance de l’administration face à l’absence de données chiffrées et objectives provenant des offices de démographie des professionnels de santé. »

Dans un second communiqué publié fin janvier, le SNJAR évaluait que le nombre nécessaire de MIR à former par an est compris entre 10 et 30. Face à cela, Pierre-Edouard Bollaert joue l’apaisement. « Il y a de la place pour tout le monde en France », rétorque-t-il. La bataille des chiffres est lancée. Espérons que la concertation organisée par la DGOS suffira à enterrer la hache de guerre.

Source: 

Im`ene Hamchiche

Portrait de La rédaction

 

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