Agnès Buzyn déclare (encore) sa flamme aux MSP

La ministre de la Santé a exprimé son soutien aux maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP) lors des 8es journées nationales de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS) qui se sont déroulées le 29 et 30 mars derniers. L’occasion de revenir sur leur durée d’installation, leur nombre et les acteurs qui accompagnent les professionnels de santé lors de leur installation en maisons de santé.
 

« Je vous assure de mon soutien. Ce soutien je vous l’ai apporté dès mes débuts au ministère de la Santé et de la Solidarité. Et d’ailleurs, mon premier déplacement comme ministre était à la maison de santé pluriprofessionelle de Renazé en Mayenne. » Agnès Buzyn s’est faite l’avocate des maisons de santé pluriprofessionelles (MSP) lors des 8es journées nationales de la Fédération française des maisons et pôles de santé (FFMPS) qui se sont tenues les 29 et 30 mars derniers.
 
Dans un message vidéo adressé à tous les participants, elle a vanté les mérites des MSP qui sont de « formidables outils pour les défis qui se dressent devant nous. Je pense évidemment au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques. » Pour relever ces défis, les professionnels de santé doivent « jouer collectif », selon la ministre, persuadée que l’organisation pluriprofessionnelle est « le nouvel ADN de l’exercice de soins primaires ».
 
Selon Agnès Buzyn, la création des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) ne doit en aucun cas être perçue comme une menace. Bien au contraire : « Les MSP et les CPTS ont vocation à se compléter dans des dynamiques vertueuses, et je n’oublie pas que les premières CPTS ont pour l’essentiel été initiées et animées par des maisons de santé. Ma seule ambition, c’est d’inciter tous les professionnels à s’inscrire dans une dynamique pluriprofessionelle. »

 
L'objectif de 2 000 MSP devrait être atteint

Et d’afficher son « bon espoir » d’atteindre l’objectif de 2 000 MSP en 2022 qui a été fixé par le président de la République. Un sentiment partagé par le Dr Pascal Gendry, le président de la FFMPS. « Nous en sommes aujourd’hui à 1 200 MSP en fonctionnement, peut-être un peu plus d’ailleurs, car l’assurance maladie dit 1 400 et le ministère de la Santé dit 1 200. La vérité est souvent entre les deux. Et puis, 400 projets de maisons de santé supplémentaires ont été déposés au niveau des ARS, donc, en très peu de temps, il y aura 1 600 maisons de santé en France. L’objectif des 2 000 maisons de santé sera donc atteint en 2022, c’est une certitude. »
 
Le challenge est d’autant plus à portée que « les projets émergent deux à trois ans après le dépôt du projet de santé à l’ARS, constate Pascal Gendry. Avant, c’était beaucoup plus long, mais on a beaucoup progressé au niveau de l’accompagnement de ces équipes, tant au niveau des fédérations régionales de la FFMPS, qu’au niveau des ARS ou de l’assurance maladie. Monter un projet comme ça, ce n’est pas simple. Il y a une dizaine d’années, on mettait entre 5 et 7 ans pour monter ce genre de projets. Aujourd’hui, c’est plutôt 2 à 3 ans pour faire émerger un projet de A à Z. »


 
Mais il y a aussi d’autres acteurs qui prêtent main forte aux professionnels de santé pour ce type de projets. A l’image de Docteur House, une start-up spécialisée dans l’accompagnement des professionnels de santé lors de leur installation en maisons de santé. L’entreprise les accompagne à chaque étape de la création du projet en amont, ce qui permet un gain de temps précieux.
 
« Nous accompagnons la création des MSP, tant en amont que dans la gestion au quotidien. Cela nous permet d’assurer la continuité du projet de santé, précise Florian Buffard, le co-fondateur de Docteur House. Nous allons jusqu’à préparer les professionnels de santé à leur soutenance de projet de santé auprès des ARS. Cela leur permet d’aborder cette étape cruciale avec davantage de sérénité.
 
Cet accompagnement est d’autant plus nécessaire que les MSP sont « dans l’ère du temps et correspondent aux choix actuels des professionnels », rappelle Pascal Gendry, ravi du message de soutien d’Agnès Buzyn, mais aussi de la présence de Nicolas Revel, le directeur de la Caisse nationale de l'assurance maladie des travailleurs salariés (Cnamts), lors des 8es journées nationales de la FFMPS. Celui-ci s’est d’ailleurs montré « plutôt favorable à l’ouverture de nouvelles négociations autour de l’évolution de l’accord conventionnel qui finance les structures de MSP », selon Pascal Gendry.

Plus de passerelles entre les formations

 
Quant à Agnès Buzyn, elle a conclu son message vidéo en espérant que les MSP se saisissent à l’avenir « de l’ensemble des outils qui sont mis à leur disposition ». Elle faisait notamment allusion « à l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 » ou au « protocole de coopération que nous sommes en train de rénover et de simplifier dans le projet de loi actuel ».
 
Enfin, la ministre est convaincue que « la formation initiale et la formation continue doivent toutes les deux aller vers davantage de passerelles et davantage d’échanges entre les professions de santé. Ce décloisonnement, partout, à tous les étages, c’est vraiment le cœur du projet de loi que je viens de porter à l’Assemblée nationale. »
 

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Par WUD

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