What happened, miss Joplin?

Ciné week-end: Janis, de A. Berg (sortie le 6 janvier 2016)

Il est intéressant de superposer l'histoire, la carrière et les souffrances des deux figures majeures de la musique que sont Janis Joplin et Amy Winehouse. Evidemment parce que les deux docus qui leur sont consacrés sont sortis à six mois d'intervalle. Mais aussi parce que tout, dans leur parcours, vient dire la force et la destructivité que représentent l'hypersensibilité et l'émotionnalité, ainsi que le rôle des catalyseurs foudroyants que sont le succès et, bien entendu, l'addiction. 

Bien moins fascinant que son prédécesseur, probablement parce qu'ayant moins d'ambition et se voulant juste descriptif d'une trajectoire, plutôt que dénonciateur d'un gâchis monstrueux, Janis n'en est pas moins intéressant quand il s'intéresse à la psyché de son sujet. A l'écouter parler, la voir se démener sur scène telle une diablesse indestructible, découvrir sa correspondance, on sent que rien dans ses paroles n'était gratuit. Cependant les quelques épisodes "fondateurs" en termes d'estime de soi, ainsi que le moment traumatique et gâché de Woodstock, ne sont qu'effleurés. Au profit d'une narration un peu ennuyeuse, parce que trop foisonnante et répétitive, sur la vie peu intéressante - ou rendue comme telle - des groupes auxquels elle a participé. 

On retiendra de ce film de beaux moments sur la construction de soi et l'ambition. Et on n'oubliera pas, à visée médicale, de rappeler à quel point la rechute à distance dans la consommation d'opiacés constitue le principal facteur de risque d'overdose!

Source: 

Guillaume de la Chapelle

Portrait de Guillaume de la Chapelle

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